Les « Arbrassons » de José Le Piez : un art atypique !

Sculpture sur bois-José Le Piez-Abbaye de Bon Repos(35)©CuriousCat (photo initiale J.Le Piez)

Grâce à différentes cellules nerveuses, situées à l’extrémité de leurs racines, les arbres communiquent olfactivement, visuellement et électriquement. Si certains scientifiques, qui s’intéressent à ce langage élaboré, ont démontré ces capacités neurobiologiques végétales, d’autres passionnés ont mis en avant celle de produire des sons, jusqu’à créer d’étonnants supports.

De sculpteur d’arbres en « sculpteur de sons, José LE PIEZ, s’est ainsi transformé » en « artiste interactif« . En 2006, son invention des « Arbrassons  » a même officiellement été référencée par la National Gallery de Washington et la bibliothèque d’Ottawa.

Découvrez, avec moi, ses « idiophones à bois frotté« , affectueusement surnommés « instruments à caresses« , présentés à l’Abbaye du Bon Repos (35), du 01/04 au 31/10/21.

Sculpture sur bois-José Le Piez-Abbaye de Bon Repos(35)©CuriousCat (photo initiale J.Le Piez)

Emblèmes symbiotiques du monde, par l’unité fondamentale de ses trois plans (souterrain, terrestre et céleste), les arbres fascinent José LE PIEZ depuis l’enfance. Sur le terrain, l’héritage familial (grand-père forestier, père artiste et professeur des Beaux-Arts), l’a rapidement amené à vouloir les sculpter, après les avoir élagués, pour la mairie de Paris.

En juin 1997, alors qu’il exposait dans une galerie de la capitale, au Faubourg des arts, il a découvert qu’une des sculptures, sur laquelle il passait la main, chantaitInterviewé par le journal Le Monde, voici ce qu’il raconte en 2018 : « Il faisait très chaud, comme aujourd’hui. Lorsque j’ai posé la main sur l’une de mes sculptures, une envolée d’oiseaux a jailli d’entre mes doigts.»

Arbrassons-J.Le Piez-Abbaye de Bon Repos(35)©CuriousCat (photo initiale J.Le Piez)

Bien que les Arbrassons ne correspondent à aucune catégorie d’instruments répertoriés (ni à corde, ni à vent, sans caisse de résonance), certains ethnomusicologues du Musée du Quai Branly, leur ont trouvé des similitudes avec le ‘Livika » ou « nunut« , tambour à friction de Papouasie-Nouvelle-Guinée funéraire, imitant la voix de l’âme des morts, utilisé rituellement pour demander une répartition des richesses des défunts, juste et équitable.

Par ailleurs, leurs infrasons évoquent aussi les croyances des chamans des forêts primaires amérindiennes, à l’instar de Davi Kopenawa qui déclarait à l’ethnologue Bruce Albert, au début des années 2000 :

« Les esprits oiseaux qui viennent apporter leurs chants de pouvoir aux chamans vont les apprendre de l’arbre à sons. » (La Chute du ciel. Paroles d’un chaman Yanomami , Plon, « Terre humaine », 2010)

Musicien depuis 1999, José LE PIEZ continue d’explorer les variations soniques en veillant à sa mission de « passeur d’arbre, passeur d’âme« , conscient des bénéfices de la sylvothérapie.

A l’instar de la salutaire scarification du jardinage (graines, arbres…), l’autodidacte fend des morceaux d’arbre mort, avec sa tronçonneuse, pour transformer les monoblocs boisés en médiums musicaux, dans un mouvement interactif, spontané (sans dessin préalable), à la fois corporel et calligraphique. « Chaque entaille va donner une note et le tout crée ensuite une ligne mélodique », explique-t-il.

Pour cette démarche perceptuelle, José LE PIEZ utilise différentes essences de bois : cèdre, cerisier, chêne, érable, ginko, épicéa, wengéEn effet, l’acoustique varie selon les rythmes lunaires et marées gravimétriques, l’humidité, les formes et les bois sculptés.

Entre Nature et culture, les ondes sonores de ces mémoires de vie universelles, tiennent donc, selon le cas, d’un « chant » singulier, « primitivo-contemporain », d’étranges « nuées d’oiseaux », « essaims bourdonnants », « plaintes elfiques », « gémissements féeriques. »

« Jamais l’arbre n’a été adoré rien que pour lui-même… Mais toujours pour ce qui, à travers lui, se révélait. » (Mircéa Éliade, Traité d’histoire des religions)

Sculpture sur bois-José Le Piez-Abbaye de Bon Repos(35)©CuriousCat (photo initiale J.Le Piez)

Depuis 2003, José LE PIEZ a créé l’association « Angeli primitivi » avec Patricia CHATEALAIN, peintre naturaliste. Avec d’autres musiciens, partageant leur philosophie, « ils vivent l’improvisation musicale comme un espace sacré » permettant l’émergence de l’imperceptible mémoire du vivant. C’est notamment le cas de Beñat ACHIARY, que certains chroniqueurs qualifient d' »arbravocaliste« , avec qui ils forment le trio URBAÏLA.

Que l’on apprécie, ou non, cet univers sonore, difficile de demeurer totalement indifférent(e) à la découverte d’un art dynamique qui questionne l’harmonie utopique.

Pour revivre, in situ, les coulisses de cette résidence d’artistes découvertes, cet été, dans ce lieu spirituel de l’Argoat :

Source : https://www.youtube.com/watch?v=4vhiD6mYVvs

CuriousCat

Chat va être chouette©CuriousCat

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Le magnum opus de Carpo

Le magnum opus de Carpo

Automne-Bonnets d’évêque (fusain d’Europe) ©CuriousCat

Sur le carrousel des saisons, l’été a dû céder son tour.

Souvenir hédonique, il reste assis sur les bancs des mémoires.

Poète affranchi, le soleil poursuit son voyage au long cours,

Sa plume indienne confiant au ciel ses belles histoires.

Couleurs d’automne-Jardin des Plantes-Nantes©CuriousCat

De nos heures célestes, Carpo est désormais la gardienne.

L’ordre de la Nature, soumis à sa grâce flamboyante,

Parfois masqué, par de matinales vapeurs ambrosiennes,

Démontre aux hommes ses lois divines, de manière charmante.

Automne 2021-Voyage à Nantes©CuriousCat

Cheveux roux cascadant sur sa robe mordorée et vineuse,

La déesse automnale nous offre son beau spectacle annuel.

Pour réussir ce magnum opus, quête très ambitieuse,

Elle use de teintes magiques et d’un secret rituel.

©CuriousCat

En livrée à sequins cuivrés, les arbres sont en valeur.

Stoïques mannequins d’un sylvestre polyptyque diapré,

Passant du vert au jaune-orange et d’autres sanguines couleurs,

ils sont, par leur parèdre, lumineusement transfigurés.

Couleurs des feuilles d’automne©CuriousCat

En se penchant sur les miroirs d’eau creux, devenus leur tombeau,

les dieux savent, qu’après le requiem, l’hiver va arriver.

Bientôt, les feuilles sépias, soulevées par le vent-plumeau,

flétries sur le sol, formeront un riche compost nourricier.

Automne-Parc de Procé-Nantes©CuriousCat

Au printemps, les pampres des vignes et les bois, en crêpe grège,

réchauffés par les vifs feux d’Hélios, seront soignés des pluies.

Thallo, de la couronne nymphéale, aura le privilège,

fructifiant, après sa sœur, cet éternel nectar de vie.

©CuriousCat

CuriousCat

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Les « Folies Siffait » : une bizarrerie aux couleurs passées

Une semaine avant la 38ème édition des Journées du patrimoine, l’occasion m’a été donnée de redécouvrir « les Folies Siffait« , insolite labyrinthe de ruines, aux murs de schiste ardoisé, et de végétation, situé sur un éperon rocheux, en surplomb de la Loire, dans la commune du Cellier (Loire-Atlantique).

Par ses « emplacements contradictoires », ce lieu magique de 3 hectares, né de l’imaginaire de Maximilien Siffait, au XIXème siècle, monument historique depuis 1992, illustre pertinemment le concept d' »espaces autres« , évoqué récemment.

« Un jardin extraordinaire« , comme aurait dit Charles Trenet

Folies Siffait-Le Cellier (44)©CuriousCat

Les Siffait, père et fils

Même si la paternité de cette œuvre est principalement attribuée à Maximilien Siffait, son fils Oswald a hérité de sa créativité. Qui étaient donc ces « architecteurs de Nature » ?

Né en 1780, à Abbeville, dans la Somme, Maximilien Siffait était Receveur Général dans l’administration des Douanes, à Calais.

En 1815, lors d’un voyage d’affaires, ce Bonapartiste découvre Nantes et les bords de Loire. Un an plus tard, lui et son épouse, Marie-Louise Jourdan, acquièrent le domaine de la Gérardière (manoir et terres attenantes) et s’y installent avec leurs enfants, Jeanne-Louise (1811-1830) et Oswald (1816-1877).

Veuf, depuis 1819, il lègue le domaine à son fils, en 1836, après la mort de sa fille.

Passionné d’arboriculture, et de plantes exotiques, Oswald Siffait poursuit l’œuvre de son père jusqu’en 1845. Opposé à la construction d’une voie de chemin de fer Nantes-Tour (aujourd’hui Nantes-Paris), qui ampute son jardin de 2 terrasses, il part vivre à Nantes où il mourra en 1877(*).

Folies Siffait-Le Cellier (44)©CuriousCat

Un chantier d’une quinzaine d’années

Autodidacte, Maximilien Siffait a conçu et fait construire son jardin, en y ajoutant divers éléments architecturaux en pierres sèches : tourelles, escaliers, niches, belvédères, une trentaine de terrasses, appuyées sur des murs (dont certains dépassant les 10 m de haut), réalisées du bas vers le haut, sur 70 mètres de dénivelé.

Les trous ayant servi de point d’escalade (échafaudages), pour monter les matériaux, jusqu’à ces terrasses en hauteur, demeurent d’ailleurs parfaitement visibles :

Folies Siffait-Le Cellier (44)©CuriousCat

Débuté en 1816, le chantier sera arrêté en 1830, à la mort de la fille du créateur.

Racheté en 1986 par la commune du Cellier, le site a été inscrit à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques, en 1991, au titre des parcs et jardins. Il appartient au Département depuis 2007.

Un site patrimonial remarquable et fragile

Au-delà du bâti, c’est l’ensemble de cette zone naturelle unique, des « coulées et côteaux de Mauves et du Cellier », qui doit être préservé. Les Folies-Siffait font effectivement partie du « Verrou du Val de Loire » proposé au classement de l’Unesco : http://www.pays-de-la-loire.developpement-durable.gouv.fr/projet-de-classement-du-verrou-du-val-de-loire-a4753.html.

Dès l’entrée, la voûte végétale, ajourée par de grandes branches, confère au site un air de carène de bateau inversée, propice au voyage imaginaire.

Outre des arbres remarquables (cèdres de l’Atlas, tilleuls à grandes feuilles, sorbiers des oiseleurs, chênes vert, catalpas, araucarias, marronniers, cyprès du Colorado, paulnias…), les Folies Siffait comptent une faune (écureuil roux, sittelle torchepot, pic-épeiche…) et une flore particulièrement rares, dus à Oswalt Siffait.

L’œuvre ambigüe d’un « amateur romantique »

Faute d’archives, les motivations de Maximilien Siffait demeurent, aujourd’hui encore, incertaines :

  • point d’accostage pour les navires de la compagnie fluviale de son frère « Siffait et Vince » (escale ente Nantes et Ancenis) ?
  • acte philanthropique visant à procurer du travail aux artisans et ouvriers locaux (hypothèse des membres de la société archéologique, au début du XXe siècle)2 ?
  • volonté d’entretenir la ‘Parfaire harmonie » (symbolique de la loge franc-maçonne à laquelle appartenaient ses père et grand-père, ainsi que ses deux frères) ?
  • influence culturelle et goût de l’époque Régence pour les jardins aux références orientalisantes (kiosques orientaux, pagodes chinoises et mannequins de cire)3 ?
  • évocation de l’italie, chère au cœur de Maximilien Siffait ? Dans son livre « Les Folies Siffait, un empire pour une demoiselle« , paru en 1999, J.G. Bouchaud écrit ainsi : « Des photographies en noir et blanc et couleurs évoquent ce site faisant parfois songer aux gravures de Giambattista Piranèse. Un plan permet de retrouver les différentes scènes le composant comme le Belvédère de Mme Siffait, le Siège de l’homme seul, le Mausolée du néant, les Oasis de fraîcheur, les Escaliers en cascade… ».
Folies Siffait-Le Cellier (44)©CuriousCat

ou, plus prosaïquement :

  • expression de sa passion amoureuse ?
  • volonté de faire plaisir et laisser un héritage unique à sa famille ?
  • lien entre sa demeure et la Loire ?
  • quête esthétique et romantique ? Cette analyse est celle partagée, en 1998, par J.P. Leconte, architecte du patrimoine, dans son ouvrage sur les Folies-Siffait.
La Loire, depuis les Folies Siffait-Le Cellier (44)©CuriousCat

Des  » arrangements de la nature « , ostentatoires et colorés

D’après J.P. Leconte (4):  » Il est vraisemblable que le site fut, au départ, totalement enduit et recouvert de badigeons colorés dans la palette ocre jaune, rouge brique et gris « .

Dans « Panorama de la Loire, Voyage de Nantes à Angers » (Nantes, Mellinet-Malassis, p.34 et 35), il est aussi question, en 1829, de « pavillons, kiosques, terrasses, escaliers rouges, bleus et jaunes« .

Quelques vestiges témoignent des parements (dont la façade d’un petit temple), ainsi que des peintures en trompe-l’œil, qui ornaient les façades (https://www.dailymotion.com/video/xhwm2b, 1:26 à 1:50), l’ensemble ayant suscité, à l’époque, plusieurs critiques acerbes (passants, chroniqueurs, etc).

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Fata Morgana : un mirage chromatique ?

Thomas Chkp & Cindy Belaud-Expo Fata Morgana-Nantes©CuriousCat

En référence à la fée Morgane, la « Fata Morgana » est un phénomène optique naturel qui désigne une superposition de mirages supérieurs et inférieurs.

Plusieurs fois utilisée dans le milieu culturel (cinéma, littérature…), l’expression a été reprise par une quinzaine d’artistes de l’atelier KraftHouse qui avaient investi l’espace alternatif nantais Pol’n.

L’exposition « FATA MORGANA » se voulait une « invitation au mystère… au baroque, mais surtout à l’inhabituel ». Initialement prévue du 28/05 au 19/09/21, elle a néanmoins été provisoirement suspendue, 3 mois après son vernissage, en raison des mesures gouvernementales liées au passe sanitaire.

Alors, hallucination collective ou mirage chromatique ? L’arrêt sur images, réalisé dans cet « ailleurs d’élection », devrait permettre la mise au point...

Pedro/Smoka-« Mirage »-Expo Fata Morgana-Nantes©CuriousCat

Sans l’œuvre colorée de Pedro et Smoka, illuminant le porche, je n’aurais pas nécessairement découvert cet espace expérimental pluridisciplinaire situé au fond d’une cour, au 11 de la rue des Olivettes (quartier Madeleine/Champs de mars de Nantes).

Aujourd’hui propriété de la Ville de Nantes, Pol’n est co-géré par 13 associations (liste détaillée sur https://pol-n.org/poln/).

Au fond du local, les bannières « Haut et fort » d’Hélène Burel, la Petite Henry et G. évoquent d’ailleurs, de manière sous-jacente, le passé de l’ancien Office des Papiers Peints (OPP) mais aussi l’artisanat durable, la liberté d’expression aussi poétique qu’engagée…

Hélène Burel/La Petite Henry/G-  » Haut et fort « – Expo Fata Morgana-Nantes©CuriousCat

La référence à l’OPP, se retrouve aussi dans les drapés solaires, évoquant à la fois la nappe vichy, de quelque pique-nique psychédélique, et le décor en toile de Jouy d’un singulier cabinet de curiosités…

Derrière l’humour, et l’esthétisme fluo cyan, magenta et jaune, la scénographie de l' »Armada Armadillidium« , de Rathür, met en relief la symbolique des cloportes, seuls animaux capables de se déplacer sous une surface sans lâcher prise.

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Bretagne : les couleurs du bonheur…

 » Loin des yeux, près du cœur  » dit-on parfois.

Même si mon séjour dans les Côtes d’Armor (22), en passant par le Morbihan (56) aura été court, cet été, je feuilletterai l’album-photos, de ce paradis breton, comme un livre-vitrail où chaque couleur raconte le bonheur de vivre...

Ile de Bréhat-Phare du Paon©CuriousCat
Ile de Bréhat-Guetteur du phare du Paon©CuriousCat
Ile de Bréhat (22)-Veilleur du phare du Paon©CuriousCat

Jeu de lumière-Vitrail de Gouareg (22)©CuriousCat
Champ de flers-Abbaye de Bon Repos (22)©CuriousCat
Pont-Abbaye de Bon Repos (22)©CuriousCat
Pont2-Abbaye de Bon Repos (22)©CuriousCat-
Pontivy (56)©CuriousCat

CuriousCat

colorfullcat

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A Nantes, expo urbaine sauvage, « Pour l’amour de l’art »

Physalis-Expo-Pour l’amour de l’art-Fév.21©CuriousCat

« Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu. Après un moment, le tatou, agacé par cette agitation dérisoire, lui dit : « Colibri ! Tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ! «  Et le colibri lui répondit : « Je le sais, mais je fais ma part. »

Légende amérindienne

Privés de projets, et de visibilité, depuis le début de la crise sanitaire Covid, plus de 50 artistes, se sont mobilisés pour faire du centre-ville, et de l’île de Nantes, une galerie à ciel ouvert.

Studio Katra – Pour l’amour de l’art©CuriousCat

Pied de nez aux institutionnels, et nantais sidérés par le contexte actuel, l’expo « Pour l’amour de l’art » a été ouverte le 15 février 2021, jour de la St Valentin (fête commerciale « essentielle », selon le gouvernement).

Durant ce « road-trip » urbain, près de 200 œuvres ont été librement affichées, collées sur des murs, mobiliers urbains et supports divers.

Sur les rivages du cœur, découvrons cet éphémère et « colibriesque printemps des arts »

Pourquoi cette expo sauvage ?

Dans le choix de son nom, comme celui de la date d’ouverture de l’évènement, ce collectif tenait, ironiquement, à partager sa précarité et sa détresse (revenus et aides aléatoires, liés à la vente de leurs œuvres…).

Comme leur oiseau-mouche emblématique, ces « colibris » doivent, littéralement, pouvoir « se nourrir de leur art », ainsi que l’évoquent, symboliquement, les « Petits LU » de Physalis (artiste découverte lors de l’expo « Golden Age »).

Plus sensiblement, l‘expo visait aussi à rappeler la force vitale de leur travail, pour eux-mêmes, et en tant que bien commun créatif.

Cette force créatrice semble l’essence artistique même, i.e., de manière ambivalente : besoin inconditionnel d’exister par soi-même, mais avec une reconnaissance populaire et hors des « contrôles » institutionnels (transposée sur le plan physique, cette pirouette comportementale est d’ailleurs analogue à celles de leur animal-totem …^^).

Sans comparaison avec l’histoire d’amour du film américain éponyme, de 1996, « Pour l’amour de l’art » s’appréhende comme une narration romantique, au sens culturel du XVIIIème.

L’expo traduit ainsi, de manière passionnée, le cri du cœur des artistes, révoltés par la perte de leur statut de « moteurs culturels », et le sentiment d’être, selon leurs termes, « mis au placard ».

« L’art , et rien que l’art, nous avons l’art pour ne point mourir de la vérité » (F. Nietzche)

A l’instar de la métaphore des poupées russes, ci-dessous, « faire sa part » consistait certainement aussi à :

  • transcender, picturalement, l’espace urbain (formes insolites, joyeuses couleurs…),
  • faire œuvre d’art, dans des lieux accessibles à tous,
  • favoriser la réflexivité (comprendre, formuler et interpréter le monde et les rapports humains),
  • nourrir l’intériorité humaine, pour ouvrir des chemins de pensée, par une spiritualité esthétique et onirique,
  • trouver un langage commun et créer une médiation citoyenne active, en attendant la réouverture des lieux culturels.
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Peintures de lumière végétales

« Trait d’union entre le soleil et la biosphère (1), la lumière est le cordon ombilical de la Terre » (La Terre d’abord).

Magniolias-Parc de Procé-Nantes©CuriousCat

Des espaces verts, des couleurs, une atmosphère… et quelques photos pour y déposer cette nouvelle écriture de lumière « grandeur Nature ».

Camélia-Jardin des Plantes-Nantes©CuriousCat

CuriousCat

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(1) Pour en savoir plus sur la thématique :

https://planet-vie.ens.fr/thematiques/manipulations-en-svt/la-photosynthese-generalites

https://planet-vie.ens.fr/thematiques/manipulations-en-svt/la-morphogenese-vegetale-action-dirigee-des-facteurs-de-l

Du Nadir au Zéphir, Héméra l’éternelle…

Pour ce 5ème anniversaire de blog, un hommage poétique à la lumière, déesse de nos jours, et quelques-unes des photos qu’elle m’a inspirées…

Du Nadir au Zéphir, Héméra l’éternelle…

©CuriousCat

‌Fille d’Erèbe, et de Nyx, tu lèves chaque jour leur voile d’obscurité,
De la couche d’Ether, conservant la brillance et l’ouranienne beauté.

Les paillettes dorées qui scintillent, joliment, dans tes grands yeux de velours,
Sont un signe lumineux de votre union céleste et d’un suprême amour.

Le cœur et les sens enflammés, par vos baisers de feu, ta lumière irradie,
Installant ton aurore, éclatante, rose orangée, par le ciel applaudie.

Sous ta caresse poudrée, et ce flot de clarté, Dame Nature, s’éveille,
Sa gracile vénusté, joliment sublimée par cette teinte vermeille.

De la pointe de ses pieds, jusqu’à son doux visage, elle renvoie ta lueur,
Tes perles de lumière, semblables à un collier, enchaîné à son cœur.

De saison en saison, Ô puissante Héméra, tes rayons étincelants,
Forment, sur ses drapés, d’iconiques entrelacs brunniens, or et argent.

©CuriousCat

Sous ton effet magique, le reflet vert des arbres, sur l’onde azuréenne,
Evoque l’art subtil d’une toile huilée ou d’une soie arachnéenne.

Ces peintures de lumière, et leur chromatique voyage impressionniste,
Exaltent les photographes, peintres et poètes, sensibles et artistes.

©CuriousCat

Comme un pinceau virtuel, ton prisme dépose ses illusions spectrales,
Mélange dosé de cyan, jaune, magenta, tel un vitrail de cathédrale.

Entre ombre et lumière, mon âme caméléon succombe au puissant mystère,
De ces nomades irisés, qui se déplacent dans l’air, la mer ou sur terre.

Lorsque le jour finit sa course, du Nadir au Zéphir, ton globe d’airain
Diffuse son rouge feu, sous des nuées flavescentes, vers l’horizon sans fin.

Doucement, la pourpre se mélange à l’ambre et l’orange saumoné.
Dans le crépuscule, tu rejoins alors, pour la nuit, tes chers dieux éthérés.

©CuriousCat

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©CuriousCat

©CuriousCat

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Expo éphémère « Golden Age » : lumière de conscience artistique…

Maia DEMETS-Golden Age-Orvault (44)©CuriousCat

Ouverte à tous et gratuite, l’exposition « Golden Age« , programmée du 16 octobre au 29 novembre 2020, a fermé ses portes, conformément aux mesures gouvernementales anti Covid-19.

Dans le cadre de ce projet, piloté par la société d’intérêt collectif Hacoopa, 24 artistes, réunis par Lady Bug et Arty Show, ont transformé une maison d’Orvault (métropole de Nantes), destinée à devenir une résidence partagée pour seniors, en lieu de street art éphémère et pop-up galerie.

Un mois avant son ouverture au public, ils y ont vécu, à demeure, s’y exprimant librement, du sol au plafond, sur 400 m2, partageant leurs parcours et visions respectives de l’âge d’or (du nom de la future résidence), dans un joyeux « déconfinement artistique« . (1)

Retrouvons notre enfant intérieur pour comprendre le rêve éveillé de ce « cercle de poètes chromatiques disparus » et en percevoir la symphonie holistique

« Où est l’enfance est l’âge d’or » (Novalis)

Maia-DEMETS-Golden Age©CuriousCat

Pourquoi ce titre, « Golden Age » ?

L’âge d’or renvoie au temps passé, « prospère et mythique » de la création de l’homme et de la vie quasi éternelle. (2)

Sébastien BOUCHARD-Golden Age©CuriousCat

A l’instar de la chanson éponyme de Woodkid, Golden Age ressemble à un voyage mythique vers le bonheur éternel, une évasion de l' »ordinaire citadin« , une transcendance de la réalité, pour une reconnexion à soi et au monde.

Crespin©CuriousCat

Au carrefour de l’histoire de vie humaine, dans ses rapports au Vivant (animal et végétal), l’expo évoque les liens forts entre l’enfance et l’âge adulte, le refus de la souffrance, la jeunesse intemporelle

Allégoriques ou poétiques, les œuvres abordent aussi bien les valeurs d’abondance, de paix, de justice et de liberté, que les notions d’harmonie, entre les hommes et leur environnement, de douceur, de joie, de bienveillance et d’amour

Face à cette spiritualité esthétique, le panel d’émotions est aussi fort que la gamme chromatique picturale.

Qui sont les artistes et quels sont leurs messages ?

  • 2 artistes « guests surprise« 

Dans un esprit de communion partagée, chacun(e) a pris le temps d’expliquer les fresques issues de cette expérience, rare, de flow créatif in situ :

Au rez-de-chaussée

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Expo « Meute », à Nantes : la griffe chromatique d’un art sauvage

ROROlafrite-Expo Meute-La Griffe-Ateliers Magellan-Nantes©CuriousCat

Face à la pandémie Covid, les communautés artistiques semblent, plus que jamais, trouver dans le concept culturel du vivre ensemble, même éphémère, une force résiliente.

Pour fêter ses 5 ans, l’association rezéenne « La Griffe » a ainsi récemment invité 17 artistes à investir les ateliers Magellan de Nantes afin de créer une œuvre commune, »hors normes », sur le thème de la « Meute« .

Durant une dizaine de jours (29/09 au 10/10/20), le collectif a transformé cet ancien atelier de métallerie des bords de Loire en « écrin de couleurs, d’ambiances et de convivialité » (1), métamorphosant notre regard et exacerbant notre conscience, via son ajna démesuré.

Traversons à présent le « miroir du temps » pour revenir au 07/10 (date de ma visite) et laisser la magie, de cet extraordinaire imaginarium coloré, nous transporter ailleurs…

Chachitta (S.Jardy)-Expo Meute-La Griffe-Ateliers Magellan-Nantes©CuriousCat

A l’instar des loups, la symbolique identitaire du groupe est perceptible dès l’entrée de cette « tannière » urbaine : importance de disposer, même provisoirement, d’un « territoire » où se retrouver, « faire avec », autour de besoins et valeurs communs, reprendre des forces, en sécurité…

Crocs menaçants, tel « Akela » (l’imposant mâle alpha du « Livre de la jungle »), la « bête » rouge, jaune et bleue, fantasmagorique, du peintre-dessinateur Bartex (2), incarne, dans la matière, la « griffe débridée créative » de sa « horde », semblant veiller sauvagement sur son clan disparate : têtes félines, canidés et personnages variés en acier, entremêlés de peluches « de tous poils »…

D.BARTEX-Expo Meute-La Griffe-Ateliers Magellan-Nantes©CuriousCat
D.Bartex-Expo Meute-La Griffe-Ateliers Magellan-Nantes©CuriousCat

Fil rouge de l’exposition, l’imaginaire immerge le visiteur dans un espace surréaliste, digne d’univers cinématographiques aussi excentriques que poétiques (T. Burton, J.P. Jeunet…).

Sans accroc, l’équipe de la Griffe a su créer, in situ, avec le Bureau d’Etudes Spatiales, les conditions pour permettre aux artistes (Katja Tigre de Feu, Roro la Frite, Juya Louisa, Gilles Bouly, David Bartex, KazyUsclef, Solenne Capmas, Mimi Bang, Willy Ténia, Freaky Nasa, Mathi MathosDogzilla, LL Cool Jo, Bambi, Oriane Poncet, Chachit) de conjuguer, au pluriel, leurs singularités.

Bricoleurs(euses), peintres, sérigraphes, plasticiens, sculpteurs(trices), collectionneurs(euses), costumiers(ères) et scénographes se sont ainsi transformés en « peintres du silence », « poètes du cri d’alerte », « pitres des maux »… tout en conservant leurs motivations respectives.

En maints endroits du hangar, les composantes oniriques et humoristiques, de cette confrontation « cœur à cœur », ouvrent de multiples pop-ups subliminales étoilées dans l’âme du visiteur.

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