Les « Arbrassons » de José Le Piez : un art atypique !

Sculpture sur bois-José Le Piez-Abbaye de Bon Repos(35)©CuriousCat (photo initiale J.Le Piez)

Grâce à différentes cellules nerveuses, situées à l’extrémité de leurs racines, les arbres communiquent olfactivement, visuellement et électriquement. Si certains scientifiques, qui s’intéressent à ce langage élaboré, ont démontré ces capacités neurobiologiques végétales, d’autres passionnés ont mis en avant celle de produire des sons, jusqu’à créer d’étonnants supports.

De sculpteur d’arbres en « sculpteur de sons, José LE PIEZ, s’est ainsi transformé » en « artiste interactif« . En 2006, son invention des « Arbrassons  » a même officiellement été référencée par la National Gallery de Washington et la bibliothèque d’Ottawa.

Découvrez, avec moi, ses « idiophones à bois frotté« , affectueusement surnommés « instruments à caresses« , présentés à l’Abbaye du Bon Repos (35), du 01/04 au 31/10/21.

Sculpture sur bois-José Le Piez-Abbaye de Bon Repos(35)©CuriousCat (photo initiale J.Le Piez)

Emblèmes symbiotiques du monde, par l’unité fondamentale de ses trois plans (souterrain, terrestre et céleste), les arbres fascinent José LE PIEZ depuis l’enfance. Sur le terrain, l’héritage familial (grand-père forestier, père artiste et professeur des Beaux-Arts), l’a rapidement amené à vouloir les sculpter, après les avoir élagués, pour la mairie de Paris.

En juin 1997, alors qu’il exposait dans une galerie de la capitale, au Faubourg des arts, il a découvert qu’une des sculptures, sur laquelle il passait la main, chantaitInterviewé par le journal Le Monde, voici ce qu’il raconte en 2018 : « Il faisait très chaud, comme aujourd’hui. Lorsque j’ai posé la main sur l’une de mes sculptures, une envolée d’oiseaux a jailli d’entre mes doigts.»

Arbrassons-J.Le Piez-Abbaye de Bon Repos(35)©CuriousCat (photo initiale J.Le Piez)

Bien que les Arbrassons ne correspondent à aucune catégorie d’instruments répertoriés (ni à corde, ni à vent, sans caisse de résonance), certains ethnomusicologues du Musée du Quai Branly, leur ont trouvé des similitudes avec le ‘Livika » ou « nunut« , tambour à friction de Papouasie-Nouvelle-Guinée funéraire, imitant la voix de l’âme des morts, utilisé rituellement pour demander une répartition des richesses des défunts, juste et équitable.

Par ailleurs, leurs infrasons évoquent aussi les croyances des chamans des forêts primaires amérindiennes, à l’instar de Davi Kopenawa qui déclarait à l’ethnologue Bruce Albert, au début des années 2000 :

« Les esprits oiseaux qui viennent apporter leurs chants de pouvoir aux chamans vont les apprendre de l’arbre à sons. » (La Chute du ciel. Paroles d’un chaman Yanomami , Plon, « Terre humaine », 2010)

Musicien depuis 1999, José LE PIEZ continue d’explorer les variations soniques en veillant à sa mission de « passeur d’arbre, passeur d’âme« , conscient des bénéfices de la sylvothérapie.

A l’instar de la salutaire scarification du jardinage (graines, arbres…), l’autodidacte fend des morceaux d’arbre mort, avec sa tronçonneuse, pour transformer les monoblocs boisés en médiums musicaux, dans un mouvement interactif, spontané (sans dessin préalable), à la fois corporel et calligraphique. « Chaque entaille va donner une note et le tout crée ensuite une ligne mélodique », explique-t-il.

Pour cette démarche perceptuelle, José LE PIEZ utilise différentes essences de bois : cèdre, cerisier, chêne, érable, ginko, épicéa, wengéEn effet, l’acoustique varie selon les rythmes lunaires et marées gravimétriques, l’humidité, les formes et les bois sculptés.

Entre Nature et culture, les ondes sonores de ces mémoires de vie universelles, tiennent donc, selon le cas, d’un « chant » singulier, « primitivo-contemporain », d’étranges « nuées d’oiseaux », « essaims bourdonnants », « plaintes elfiques », « gémissements féeriques. »

« Jamais l’arbre n’a été adoré rien que pour lui-même… Mais toujours pour ce qui, à travers lui, se révélait. » (Mircéa Éliade, Traité d’histoire des religions)

Sculpture sur bois-José Le Piez-Abbaye de Bon Repos(35)©CuriousCat (photo initiale J.Le Piez)

Depuis 2003, José LE PIEZ a créé l’association « Angeli primitivi » avec Patricia CHATEALAIN, peintre naturaliste. Avec d’autres musiciens, partageant leur philosophie, « ils vivent l’improvisation musicale comme un espace sacré » permettant l’émergence de l’imperceptible mémoire du vivant. C’est notamment le cas de Beñat ACHIARY, que certains chroniqueurs qualifient d' »arbravocaliste« , avec qui ils forment le trio URBAÏLA.

Que l’on apprécie, ou non, cet univers sonore, difficile de demeurer totalement indifférent(e) à la découverte d’un art dynamique qui questionne l’harmonie utopique.

Pour revivre, in situ, les coulisses de cette résidence d’artistes découvertes, cet été, dans ce lieu spirituel de l’Argoat :

Source : https://www.youtube.com/watch?v=4vhiD6mYVvs

CuriousCat

Chat va être chouette©CuriousCat

Cliquez sur les liens hypertextes pour en savoir plus.

Pour que votre visite ne demeure pas tristement fantôme, dans les Google Analytics, et que le blogging demeure un véritable plaisir de l’échange, merci de manifester votre intérêt (like, étoile, commentaires également).

Please like, comment for blogging pleasure.

Le magnum opus de Carpo

Le magnum opus de Carpo

Automne-Bonnets d’évêque (fusain d’Europe) ©CuriousCat

Sur le carrousel des saisons, l’été a dû céder son tour.

Souvenir hédonique, il reste assis sur les bancs des mémoires.

Poète affranchi, le soleil poursuit son voyage au long cours,

Sa plume indienne confiant au ciel ses belles histoires.

Couleurs d’automne-Jardin des Plantes-Nantes©CuriousCat

De nos heures célestes, Carpo est désormais la gardienne.

L’ordre de la Nature, soumis à sa grâce flamboyante,

Parfois masqué, par de matinales vapeurs ambrosiennes,

Démontre aux hommes ses lois divines, de manière charmante.

Automne 2021-Voyage à Nantes©CuriousCat

Cheveux roux cascadant sur sa robe mordorée et vineuse,

La déesse automnale nous offre son beau spectacle annuel.

Pour réussir ce magnum opus, quête très ambitieuse,

Elle use de teintes magiques et d’un secret rituel.

©CuriousCat

En livrée à sequins cuivrés, les arbres sont en valeur.

Stoïques mannequins d’un sylvestre polyptyque diapré,

Passant du vert au jaune-orange et d’autres sanguines couleurs,

ils sont, par leur parèdre, lumineusement transfigurés.

Couleurs des feuilles d’automne©CuriousCat

En se penchant sur les miroirs d’eau creux, devenus leur tombeau,

les dieux savent, qu’après le requiem, l’hiver va arriver.

Bientôt, les feuilles sépias, soulevées par le vent-plumeau,

flétries sur le sol, formeront un riche compost nourricier.

Automne-Parc de Procé-Nantes©CuriousCat

Au printemps, les pampres des vignes et les bois, en crêpe grège,

réchauffés par les vifs feux d’Hélios, seront soignés des pluies.

Thallo, de la couronne nymphéale, aura le privilège,

fructifiant, après sa sœur, cet éternel nectar de vie.

©CuriousCat

CuriousCat

Toutes les photos sont ©CuriousCat. Pas de reproduction sans mon accord.

Pour que votre visite ne demeure pas tristement fantôme, dans les Google Analytics, et que le blogging demeure un véritable plaisir de l’échange, merci de manifester votre intérêt (like, étoile, commentaires également).

Please, like and comment if you wan me still blogging, thank you.

Fata Morgana : un mirage chromatique ?

Thomas Chkp & Cindy Belaud-Expo Fata Morgana-Nantes©CuriousCat

En référence à la fée Morgane, la « Fata Morgana » est un phénomène optique naturel qui désigne une superposition de mirages supérieurs et inférieurs.

Plusieurs fois utilisée dans le milieu culturel (cinéma, littérature…), l’expression a été reprise par une quinzaine d’artistes de l’atelier KraftHouse qui avaient investi l’espace alternatif nantais Pol’n.

L’exposition « FATA MORGANA » se voulait une « invitation au mystère… au baroque, mais surtout à l’inhabituel ». Initialement prévue du 28/05 au 19/09/21, elle a néanmoins été provisoirement suspendue, 3 mois après son vernissage, en raison des mesures gouvernementales liées au passe sanitaire.

Alors, hallucination collective ou mirage chromatique ? L’arrêt sur images, réalisé dans cet « ailleurs d’élection », devrait permettre la mise au point...

Pedro/Smoka-« Mirage »-Expo Fata Morgana-Nantes©CuriousCat

Sans l’œuvre colorée de Pedro et Smoka, illuminant le porche, je n’aurais pas nécessairement découvert cet espace expérimental pluridisciplinaire situé au fond d’une cour, au 11 de la rue des Olivettes (quartier Madeleine/Champs de mars de Nantes).

Aujourd’hui propriété de la Ville de Nantes, Pol’n est co-géré par 13 associations (liste détaillée sur https://pol-n.org/poln/).

Au fond du local, les bannières « Haut et fort » d’Hélène Burel, la Petite Henry et G. évoquent d’ailleurs, de manière sous-jacente, le passé de l’ancien Office des Papiers Peints (OPP) mais aussi l’artisanat durable, la liberté d’expression aussi poétique qu’engagée…

Hélène Burel/La Petite Henry/G-  » Haut et fort « – Expo Fata Morgana-Nantes©CuriousCat

La référence à l’OPP, se retrouve aussi dans les drapés solaires, évoquant à la fois la nappe vichy, de quelque pique-nique psychédélique, et le décor en toile de Jouy d’un singulier cabinet de curiosités…

Derrière l’humour, et l’esthétisme fluo cyan, magenta et jaune, la scénographie de l' »Armada Armadillidium« , de Rathür, met en relief la symbolique des cloportes, seuls animaux capables de se déplacer sous une surface sans lâcher prise.

Lire la suite

Le blob, « péril jaune » polymorphe ou génie tutélaire ?

En revenant sur l’édition 2019 de la « nuit européenne des chercheurs« , un récent voyage sur « la toile » m’a permis de découvrir le  » blob  » (*), auquel Audrey Dussutour, éthologue du CNRS de Toulouse, consacre une grande partie de ses travaux  de recherche.

Une expérience de sérendipité, digne du conte de Louis de Mailly, que vous avez peut-être déjà vécue, dans la nature, en croisant ce mystérieux « physarum polycephalum« , sans probablement imaginer ses pouvoirs surnaturels.

« Aux frontières du réel », suivons cette  » blob-trotteuse  » passionnée pour découvrir ce rampant, au thésaurus imprécis qui, au-delà de son aspect et de son odeur de moisi, est incroyablement attirant…

Blob-640_fg4_0980_c_f-g_grandin_mnhn-app.goo.gl-w5L4qnEYD42zp62L6-min
Blob © MNHN F-G G. Randin

Une apparence aussi énigmatique que son nom

Caché sous les écorces, ou dans certains coins sombres, à l’abri de la lumière, ce myxomycète (du grec « myxo », gélatineux, et de la racine « myc », champignon), vit principalement dans les sous-bois. On en trouve sur différents territoires de notre planète.

Il peut se présenter sous différentes formes (rond, arborescent, informe…) et couleurs (blanc, rose, noir, vert…), même si le jaune est plus fréquent

A l’instar de la créature gluante éponyme, d’un célèbre film américain, des années 50, la couleur jaunâtre, symbolique et ambivalente de cet « alien » doit-elle nous faire « bloblo…ter » ? (**)

En réalité, le blob est inoffensif. Apparu sur Terre, il y a près d’un milliard d’années, il est même indispensable à notre écosystème (biodiversité via la génération de micronutriments nécessaires aux plantes, recyclage des métaux lourds…).

 » Dans l’évolution, c’est un chaînon manquant entre les organismes unicellulaires et nous.  » (Audrey Dussutour – Journal du Dimanche, 31/05/17) (1)

Un amibozoaire qui défie les lois de la biologie

Découvert en 1973, dans le jardin d’une américaine, ce microorganisme eucaryote suscite l’intérêt des médias depuis lors. Jusqu’aux recherches du CNRS, cette créature semblait néanmoins inclassable.

Ni champignon, ni plante, ni  animal, le blob est en fait un organisme unicellulaire dont le corps (plasmodium) peut potentiellement atteindre 10 m2 (contre 0.01 pour une cellule humaine).

Ce n’est toutefois pas la moindre de ses étonnantes capacités. En effet :

  • il se repère parfaitement dans l’espace, bien qu’il n’ait pas d’yeux,
  • sans nez, il respire pourtant,
  • dépourvu de bouche et d’estomac, il digère néanmoins sa nourriture (bactéries, champignons, dans la nature ; avoine, en laboratoire) ; manger est essentiel à sa santé, aussi passe-t-il sa vie à ramper derrière la nourriture. (1)
  • sa croissance est exponentielle : il double de taille chaque jour,
  • dénué de pattes, il se déplace en utilisant son système veineux (dans lequel circule son « sang »), à raison de 2 à 4 cm/heure. Ses pseudopodes (déformations de sa membrane plasmique) lui permettent même de se déplacer simultanément dans plusieurs directions (un pas en avant, un demi-pas en arrière).

  • avec 720 genres sexuels, il se reproduit facilement, par spores (comme le champignon),
  • il ne craint ni l’eau, ni le feu mais fuit la lumière,
  • coupé en deux, il cicatrise en 2 minutes. En cas de dispersion, les morceaux peuvent même devenir des clônes indépendants,
  • après des années sans manger et se réveiller, cet « ovni » (***) peut se régénérer si on le réhydrate et le nourrit. Quasiment immortel !..

Ses propriétés antifongiques et antibactéricides ouvrent de multiples et positives perspectives médicales et technologiques (dépollution des sols, nouveaux antibiotiques, traitement efficace du cancer, optimisation de réseaux…).

Un génie de l’adaptation

Sous son allure d’œufs brouillés, et bien qu’il n’ait pas de cerveau, cet organisme primitif, cache également une singulière intelligence.

Blob©Audrey Dussutour-CRCA-CNRS-Photothèque-minDans une étude, publiée dans Proceedings of the Royal Society B, Romain Boisseau (chercheur en biologie de l’Université Toulouse III Paul-Sabatier),  David Vogel et Audrey Dussutour (équipe du centre de recherche sur la cognition animale du CNRS), ont démontré que physarum polycephalum sait tirer des leçons de ses expériences afin de se nourrir sans risque.

Confrontés à des substances amères (café, quinine ou sel), différents groupes de protistes, d’abord méfiants, ont réalisé leur innocuité et fini par les traverser pour accéder à leur source de nourriture.

Après quelques jours, sans stimulus, l’habituation n’opère néanmoins plus.

Autre découverte (3-4) :  le blob est capable de mémoriser et communiquer ses  apprentissages, à un congénère, en fusionnant avec lui (explications de ce processus transmissif ci-dessous) :

Fusion de blobs©David Vogel -Futura planète-min
Deux Physarum « expérimentés », ou « habitués » (H), ont fusionné avec un blob « naïf » (N). À droite, l’observation, au moins trois heures plus tard, montre la formation d’un canal entre les deux organismes. © David Vogel

Lire la suite

2020 aux couleurs de l’Elephant Parade, à Nantes

Psycho Elephant (F.GUIMARAES)-Elephant parade-Nefs de Nantes©CuriousCat-min
Psycho Elephant (F.GUIMARAES)-Elephant parade-Nefs de Nantes©CuriousCat

Gros plan oeil de l'éléphant2-Machines de l'île-Delarozière ©CuriousCat-min-1L’art peut agir sur l’inconscient individuel et collectif en mettant  » l’homme devant ses responsabilités : rétablir, dans l’urgence, les liens d’équilibre entre lui-même et son milieu vital « . (P. Ardenne – Un art écologique – Ed. La Muette/Le Bord de l’eau).

L' »effet Dumbo » de l’Elephant parade (1) qui s’est déroulée, à Nantes, du 21 décembre 2019 au 5 janvier 2020, dans le cadre de la 13ème édition du Noël aux Nefs des Machines de l’île, devrait ainsi agiter longtemps nos mémoires…

D'orophant (T.MAC KAY)-Elephant parade-Nefs de Nantes©CuriousCat-min
D’orophant (T.MAC KAY)-Elephant parade-Nefs de Nantes©CuriousCat

Mais, avant tout…

Elephant Parade®, kézako ? (1)

  • Statut ? : entreprise sociale hollandaise
  • Depuis quand ? : Fondée en 2006, par Marc Spits et son fils Mike.
  • Pourquoi ? : Lors d’un voyage en Thaïlande, Marc avait rencontré Mosha, un bébé éléphant, amputé d’une partie de sa jambe après avoir marché sur une mine.

  • Pour quoi ? : Créer une structure rentable, à long terme, afin d’assurer un avenir durable pour Mosha et d’autres victimes éventuelles.
  • Quelles actions, depuis 2007 ? :

*Financement de programmes de protection et de préservation des éléphants, via :

 1. la création artistique de 1 500 statues uniques, de 150 cm, en fibre de verre ; 1 900 artistes contributeurs, à propos desquels Marc Spits disait, en 2013 :

Gros plan oeil de l'éléphant2-Machines de l'île-Delarozière ©CuriousCat-min-1No matter the artist, celebrity or painter, this dynamic group of people are gathering, on a global level, to be a part of an incredibly important cause to paint a brighter future for a species now threatened with extinction.”

2. l’organisation d’expositions internationales annuelles (30 parades, à ce jour).

Elefancy (E.SEVERIN)4-Elephant parade-Nefs de Nantes©CuriousCat-min
Elefancy (E.SEVERIN)-Elephant parade-Nefs de Nantes©CuriousCat

3. le reversement de 20 % des profits nets issus (vente de statues et/ou de modèles réduits en résine de 10, 15 ou 20 cm), avec un don minimum de 50 000 euros par an.

Twisted almond blossom-(Springer by Phantasma)3-Elephant parade-Nefs de Nantes©CuriousCat-min
Twisted almond blossom-(Springer by Phantasma)-Elephant parade-Nefs de Nantes©CuriousCat

*Sur la base de cadeaux personnalisés, destinés à démarquer positivement les entreprises partenaires de leurs concurrents, programmes de Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE) spécifiques et communication originale ad hoc.

Parmi les nombreux partenaires, qui exposent des éléphants dans leur hall d’entrée, citons : The Peninsula, Shangri-La, David’s Kitchen, Chang Beer, BMW, Mercedes ou River City, etc.

1:30 mns pour résumer cet « éco-art » :

D’autres vidéos sur : https://www.youtube.com/user/ElephantParadeTV/videos.

Lire la suite

Eglise orthodoxe de Biarritz : contribution ouverte pour patrimoine à hautes valeurs ajoutées

Face au golfe de Gascogne, Biarritz est un « amphithéâtre » ouvert aux vents marins. A l’avant-scène, au bord de sa grande plage, l’hôtel du Palais, construit en 1855 par Eugénie de Montijo, au style somptueux et polychromique du second empire, néo Louis XVIII, en demeure l’emblème. Comme un « manteau d’Arlequin » virtuel (*), il masque, côté rue, une église orthodoxe qui donne accès, « en coulisses », à d’autres trésors iconiques, « fenêtres sur le monde invisible »

Biarritz-Hôtel du Palais & Eglise orthodoxe©CuriousCat-DSC00561-min
Biarritz-Hôtel du Palais & Eglise orthodoxe©CuriousCat

Signe de ma « bonne foi » chrétienne et de la promesse faite, l’été dernier (**), à Serge Cheloudtchenko, marguillier des lieux, l’appel aux dons, indispensables à la restauration de cet édifice, justifie aujourd’hui cette « tribune numérique » et une scénographie éclairée par son halo divin.^^

Biarritz-Eglise orthodoxe©CuriousCat-DSC00603-min

Dédiée à la Mère de Dieu (Pokrov) et Saint Alexandre de la Neva, l’église orthodoxe biarrote témoigne, depuis le XIXe siècle, de la foi et de la culture russe en France.

           Ste Mère de toute protection      St Alexandre de la Neva

Depuis 1931, le bâtiment, de style byzantin, est placé sous la juridiction du Patriarcat œcuménique de Constantinople. Exceptionnel dans la région, il a été classé « monument historique » en juin 2016.

Malgré son statut, et l’entretien de ses fidèles (Russes, Georgiens, Ukrainiens, Serbes, Moldaves, Biélorusses, Français), l’église est en péril. Ironie dramatique : le climat océanique aquitain bienfaisant (pur, riche en ozone et en brome…), qui avait attiré, au XIXe, une importante colonie aristocratique russe, est également marqué par des entrées maritimes (vents forts, humidité, salinité) qui dégradent fortement l’édifice, pourtant distant du « frons » de mer.

Orthodox_Church_interior_in_Biarritz,_France-min
Emmanuel DYAN [CC BY 2.0 (https://creativecommons.org/licenses/by/2.0)%5D

Comme me l’indiquera le fabricien, l’histoire de l’église demeure compliquée, depuis ses origines. En bref :

* Construction : en 1888 (après la chute de Napoléon III), le tsar Alexandre III, et le père Hérodion, obtiennent du gouvernement républicain français, anticlérical, un accord pour bâtir l’église, à condition qu’elle n’ait pas de cloche et soit édifiée comme une chapelle d’appartement, d’où la présence d’un logement privé, au rez-de-chaussée, destiné au prêtre.

A partir de 1890, l’église sera construite par les architectes Nikonoff (russe attaché au Saint Synode) et Tisnès (français de Biarritz).

Elle sera consacrée en 1892, en présence de l’ambassadeur de Russie en France et de plusieurs membres de la famille impériale russe, dont la tsarine Maria Feodorovna qui fréquentera régulièrement la station balnéaire jusqu’aux années trente.

Loin de la magnificence de la megalis ecclesias de Constantinople, le patrimoine matériel et immatériel séculaire de l’église biarrote touche néanmoins la mémoire et le cœur des hommes.

Ornée d’icônes provenant de Saint Pétersbourg, l’église comporte une magnifique «iconostase», en bois de chêne sculpté, qui évoque le voile de Salomon et symbolise la séparation et la transition entre les espaces corporel (nef) et spirituel (sanctuaire).

Au centre, les Portes Royales, symbolisent l’entrée du royaume de Dieu. Y sont représentés la Vierge Marie, l’archange Gabriel, ainsi que les quatre évangélistes, encadrés par la Mère de Dieu (avec son enfant) et le Christ Sauveur.

Biarritz-Eglise orthodoxe-Iconostase©CuriousCat-DSC00590-min-1
Biarritz-Eglise orthodoxe-Iconostase©CuriousCat

* Révolution russe : de 1917 à 1923, environ, nombre de russes blancs émigrent à Biarritz et s’y installent. Leurs descendants demeurent encore marqués par cette période chaotique. Emu, Serge Cheloudtchenko, témoignait ainsi, en octobre 2017, de son drame familial, auprès d’Iban Etxezaharreta, de France Bleu Pays Basque : https://www.francebleu.fr/infos/societe/100-ans-apres-les-echos-de-la-revolution-russe-au-pays-basque-1509014044.

Attaché à l’église, il veille à préserver les traditions autant que le bâtiment. L’archevêque Gabriel de Comane, exarque œcuménique, lui a d’ailleurs remis, en 2010, une « gramata« , pour le récompenser de son engagement.

Lire la suite

Des couleurs « à la vie, à la mort »

Depuis le Xe siècle, la «Sainte-Catherine» est célébrée le 25 novembre. Le jour de sa mort, celle-ci vient toujours habillée de blanc, selon le dicton. Au-delà du débat récurrent autour du blanc et du noir, cette fête m’évoquait récemment les «Catrinas» colorées et l’idée que la mise en relief globale de l’approche multiculturelle de la mort pourrait permettre à ce blog de retrouver ses couleurs insolites, après une longue pause. Une idée étrange, voire morbide ?… Plutôt une ode symbolique à la vie, à la mort, via l’idée que :

«la mort n’est pas la fin de la vie mais que la vie est l’histoire de la mort» (T.Gandouly)

o-HALLOWEEN2-570-min

En Amérique Latine et, plus spécialement, au Mexique, «La Catrina» est une icône du «jour des morts» (« El dia de los Muertos») inscrit au Patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’Unesco depuis une quinzaine d’année. Début novembre (1er et 2), les «angelitos» (enfants morts), et les adultes décédés, y sont respectivement honorés.

Ambiance, en images (0,53 minutes) :

Pour approfondir, 3 vidéos : (1) – (2) – (3, en français^^) et un décryptage personnel réussi, de l’amie blogueuse https://www.grainedevoyageuse.fr/mexique-dia-de-los-muertos/.

Calvera Catrina-2013-12-12-00.00.38-minInfluencée par des rites préhispaniques (mayas, aztèques), autant que par des coutumes catholiques (art macabre médiéval), la «Calavera Catrina» («calavera», crâne humain, tête de mort ; «catrín», personne élégante, habillée avec goût), incarne le concept festif indigène de la mort et sa dérision humaine, en musique et en couleurs, visant à l’apprivoiser.

CaptureA l’origine, «La Calavera Garbancera», squelette féminin, en buste, à l’allure chic, coiffé d’un grand chapeau à plumes, et vêtu de riches habits, créé par l’illustrateur José Guadalupe Posada, vers 1912, était une caricature des «nouveaux riches» mexicains qui se croyaient préservés de leur funeste destin du fait de leur position sociale.

Après la révolution, elle devint l’emblème de la culture populaire unifiée du pays. Personnage central de son œuvre murale «Sueño de una Tarde Dominical en la Alameda Central», le peintre Diego Rivera la rebaptisa alors sous son nom actuel «Catrina».

Même si les fêtes mexicaines, et celles d’Halloween (*), se déroulent sur la même période, le concept culturel mexicain de la mort est devenu très populaire, en particulier au niveau de la mode et de la décoration, comme le soulignait déjà, en 2014, Sandra Lorenzo, dans le HuffPost :

il_340x270.1642236812_14yc-min                Mexican-Sugar-Skull-Tattoo-On-Arm-1-min                 c522e1f09ebb64f3158a65f0b720f040_large           81SJvpX9sEL._UX466_-min

D’autres exemples singuliers de commémoration des morts dans le monde…

Depuis plus d’un siècle, fin octobre/début novembre, au son des mariachis, le Guatemala honore aussi l’âme de ses morts de manière spectaculaire, lors du festival des cerfs-volants. Par milliers, ces aérodynes, en bois ou en bambous, recouverts de papier de soie multicolore, sont lancés dans les airs au-dessus des cimetières, afin de communiquer avec les défunts. De taille variable, certains sont gigantesques, dépassant 15 mètres de diamètre.

Giant Kite Festival - Sumpango, Guatemala-Source You Tube

Découvrez ces symboles d’une culture Maya surprenante en cliquant ici :  https://www.france.tv/france-3/faut-pas-rever/798473-guatemala-les-cerfs-volants-de-santiago.html (15 minutes).

Lire la suite

L’aventure intérieure du Voyage à Nantes : « entrez dans la transe » avec Pick up Production !

L’art porte intrinsèquement en lui la capacité de restituer une visibilité différente du vivant. Comme le chamanisme, cette relation poétisée, avec l’invisible, permet même souvent d’entrevoir un monde potentiellement meilleur. A l’instar de certaines méthodes thérapeutiques, le street art suggère, en particulier, un autre rapport au monde ou à soi-même. Pour autant, ce pouvoir de faire parler les murs, de « repanser » le monde en stigmatisant les lieux, par une empreinte humaine, lui confère-t-il les vertus d’un réel « art médecine » ? Cet acte créatif urbain est-il d’ailleurs délibéré ou parfois inconscient ?…

Pour tenter de répondre, continuons l’aventure onirique du Voyage à Nantes, amorcée avec Pedro, et revivons, en images, l’expérience immersive de l’association de culture hip hop Pick Up Production, dans un univers carcéral où des drames de la « comédie humaine » ont servi de support narratif à une dizaine d’artistes, tel le miroir à deux faces de « l’ordre des choses »…

Street-art-VAN-Ancienne prison-Nantes ©CuriousCat-DSC09038-min
#Street-art-VAN-« Entrez libre » PICK UP PRODUCTION-Ancienne prison-Nantes ©CuriousCat

Symbole paradoxal de l’imperfection de cet ordre, la ville avait installé son ancienne prison à côté de l’ex Palais de justice devenu aujourd’hui le Radison Blu Hotel.

Avant sa démolition fin 2017, puis sa reconversion en 2019 (160 logements, une crèche, un parking souterrain de 400 places et un théâtre à la place du pavillon du greffe), la société Cogedim (propriétaire actuelle) a permis à Pick Up Production d’investir une partie des 12 600 m2 de l’ex Maison d’arrêt pour réaliser un projet artistique et éphémère…  en toute liberté ! 😉

Du 01/07 au 27/08, 94 411 visiteurs en auront franchi les grilles volontairement.

Street-art-VAN-Ancienne prison-Nantes ©CuriousCat-1DSC09004-min
#Street-art-VAN-« Entrez libre » PICK UP PRODUCTION-Ancienne prison-Nantes

Enfermés 17 jours dans ce cadre historique, abandonné par ses occupants en 2012, ce collectif de peintres, plasticiens, graffeurs et sérigraphes… a donc tenté de comprendre, puis traduire, l’enfermement, la surpopulation, la peur, la folie, les rêves, l’espoir, l’évasion… pour aiguiser les sens et toucher les esprits, via une transe picturale (http://france3-regions.francetvinfo.fr/pays-de-la-loire/loire-atlantique/nantes/culture-voyage-nantes-met-artistes-prison-1290979.html).

Street-art-VAN-Ancienne prison-Nantes ©CuriousCat-DSC09037-min
#Street-art-VAN-« Entrez libre » PICK UP PRODUCTION-Ancienne prison-Nantes

Les « maux » amenant les « mots », soyez vous aussi les bienvenus dans l' »enfer sur terre« , pour reprendre le graff de Persu inscrit au fronton du mur d’enceinte de l’ancienne maison d’arrêt de Nantes et… « Entrez libres »  !

Street-art-VAN-Ancienne prison-Nantes ©CuriousCat-DSC09059-min
#Street-art-PERSU-VAN-« Entrez libre » PICK UP PRODUCTION-Ancienne prison-Nantes ©CuriousCat

Street-art-VAN-Ancienne prison-Nantes ©CuriousCat-DSC09011-min
#Street-art-KAZY USCLEF-VAN-« Entrez libre » PICK UP PRODUCTION-Ancienne prison-Nantes ©CuriousCat

Lire la suite

« Ut pictura poesis » ou le récit zoulou du Voyage A Nantes de Pedro

Depuis ses origines, l’homme a manifesté la force narratrice de son esprit de différentes manières, au travers de dessins en particulier. A l’instar des enfants, ces supports mnémotechniques de la vie incorporelle, perdurent chez de multiples graffeurs et, de manière globale et instinctive, dans l’art brut, œuvrant pour la transmission symbolique et collective d’une temporalité poétique singulière…

Street-art-VAN-Jardin des Plantes-Orangerie-Pedro-Nantes ©CuriousCat-DSC09485

#VAN2017-Expo Zoulou Ut Pictura Poesis–Jardin des Plantes-Pedro-Nantes ©CuriousCat

Cette quête d’un langage véhiculaire, déjà évoquée pour le peintre Alain Thomas, semble animer aussi l’illustrateur/graffeur Pedro Ricardo qui, tel un chaman dépositaire d’une forme de « secret culturel », a choisi le Jardin des Plantes de Nantes pour « donner des ailes à son âme » en combinant formes, matières et couleurs comme des mots.

1Street-art-VAN-Jardin des Plantes-Pedro-Nantes ©CuriousCat-DSC09474-min

A l’invitation des services SEVE et Culture de la ville, ce jeune artiste urbain, du collectif 100 pression, a investi cet espace botanique dans le cadre de l’édition 2017 du Voyage à Nantes (VAN).

Voie verte reliant la gare au centre-ville, ce théâtre de verdure offre ainsi, à quelques mètres du Musée des Arts de Nantes (réouvert en juin dernier, après plusieurs années de travaux), un cadre idéal, aussi naturel qu’original, à l’idée suivante d’une correspondance des arts, partagée par Plutarque, qu’Horace synthétisa lui-même via l’expression « ut pictura poesis » :

«La poésie est une peinture parlante, la peinture une poésie muette» (Simonide de Cléos)

Comme un fil d’Ariane entre mondes réel et imaginaire, Pedro y partage, du 01/07 au 27/08, sa vision de l’écologie humaine où nature et culture peuvent évoluer harmonieusement.

Street-art-VAN-Jardin des Plantes-Pedro-Nantes ©CuriousCatDSC08622

Street-art-VAN-Jardin des Plantes-Pedro-Nantes ©CuriousCat-DSC08620

Dans ce jardin des sens, aucun n’est interdit. Bien au contraire, dans cette agora de plein air, les œuvres de l’artiste semblent même une sorte d’invitation tribale bienveillante au débat si l’on s’en réfère aux totems disposés tout au long du parcours, depuis l’entrée principale jusqu’à la sortie, située face à la gare, où le public (voyageurs occasionnels de la SNCF, en attente de leur correspondance, ou simples promeneurs) découvre les planches pictographiques aux couleurs patriotiques ci-dessus.

Lire la suite

Cercles de couleurs… féeriques

Fairy rings-f27fd13fde4e3ee1c3ee0c0436a9029bDepuis toujours, science et magie entretiennent des liens assez ambivalents. En chimie notamment, les démonstrations qualifiées de « magiques » ne manquent pas. De son côté, la magie est assez largement issue de techniques scientifiques. Pour illustrer ce qui n’est pas nécessairement paradoxal, je reviendrai ici sur le curieux phénomène des « ronds de sorcière« (1) et « cercles de fées« (2), découvert lors de mon article sur les marais salants qui, in fine, « vous en fera voir de toutes les couleurs » dans différents environnements

 

De quoi s’agit-il ? Comment expliquer ces phénomènes étranges ?

Ces anneaux féeriques sont-ils l’empreinte énigmatique, éphémère et colorée, de quelque créature fantastique ?

N’en déplaise aux amateurs d’ésotérisme, il semble que, quelle qu’en soit la couleur et l’environnement, ces phénomènes sont en réalité parfaitement naturels, même si de nombreuses traditions leur ont régulièrement attribué des pouvoirs tantôt bénéfiques, tantôt maléfiques !…

Dans les marais salants

En milieu de saison, lorsque l’eau contient environ cent grammes de sel par litre, des ronds concentriques, de 40 à 50 cm de diamètre, apparaissent souvent à la surface du fond argileux des fares, bassins de marais-salants qui accélèrent la transformation de l’eau de mer en saumure avant la cristallisation du sel dans l’œillet.

Prosaïquement, ces anneaux sont a priori formés de cyanobactéries oscillaires, remontant des profondeurs de la vase vers la lumière, particulièrement résistantes aux conditions extrêmes, qui se seraient développées, il y a 550 millions d’années (première forme de vie terrestre).

Ronds de sorcière-marais salants-images.duckduckgo.com-min

En août 2015, des paléontologues sibériens, venus chercher à Guérande, en Loire-Atlantique, les traces hypothétiques d’un stade évolutif de la croûte terrestre (l’Ediacarien), ont relevé que quelques anneaux, semblables à de très anciens fossiles, s’apparentent aux tapis microbiens forestiers, donnant à penser que certains champignons influeraient sur le développement des cyanobactéries et des diatomées.

Retour en arrière en attendant de découvrir l’intégralité des résultats de leurs recherches, en 2019 : http://www.ouest-france.fr/leditiondusoir/data/544/reader/reader.html#!preferred/1/package/544/pub/545/page/8

Pourquoi les couleurs sont-elles variables ?

Pas de certitude absolue mais l’hypothèse que, en se reconstituant à des vitesses différentes, le tapis provoquerait ces changements de couleur, assortie de questions corollaires : la croissance des champignons dégrade-t-elle la couche superficielle du tapis microbien, les cyanobactéries et les diatomées se séparent-elles pour des raisons inexpliquées ?….

Lire la suite