Eglise orthodoxe de Biarritz : contribution ouverte pour patrimoine à hautes valeurs ajoutées

Face au golfe de Gascogne, Biarritz est un « amphithéâtre » ouvert aux vents marins. A l’avant-scène, au bord de sa grande plage, l’hôtel du Palais, construit en 1855 par Eugénie de Montijo, au style somptueux et polychromique du second empire, néo Louis XVIII, en demeure l’emblème. Comme un « manteau d’Arlequin » virtuel (*), il masque, côté rue, une église orthodoxe qui donne accès, « en coulisses », à d’autres trésors iconiques, « fenêtres sur le monde invisible »

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Biarritz-Hôtel du Palais & Eglise orthodoxe©CuriousCat

Signe de ma « bonne foi » chrétienne et de la promesse faite, l’été dernier (**), à Serge Cheloudtchenko, marguillier des lieux, l’appel aux dons, indispensables à la restauration de cet édifice, justifie aujourd’hui cette « tribune numérique » et une scénographie éclairée par son halo divin.^^

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Dédiée à la Mère de Dieu (Pokrov) et Saint Alexandre de la Neva, l’église orthodoxe biarrote témoigne, depuis le XIXe siècle, de la foi et de la culture russe en France.

           Ste Mère de toute protection      St Alexandre de la Neva

Depuis 1931, le bâtiment, de style byzantin, est placé sous la juridiction du Patriarcat œcuménique de Constantinople. Exceptionnel dans la région, il a été classé « monument historique » en juin 2016.

Malgré son statut, et l’entretien de ses fidèles (Russes, Georgiens, Ukrainiens, Serbes, Moldaves, Biélorusses, Français), l’église est en péril. Ironie dramatique : le climat océanique aquitain bienfaisant (pur, riche en ozone et en brome…), qui avait attiré, au XIXe, une importante colonie aristocratique russe, est également marqué par des entrées maritimes (vents forts, humidité, salinité) qui dégradent fortement l’édifice, pourtant distant du « frons » de mer.

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Emmanuel DYAN [CC BY 2.0 (https://creativecommons.org/licenses/by/2.0)%5D

Comme me l’indiquera le fabricien, l’histoire de l’église demeure compliquée, depuis ses origines. En bref :

* Construction : en 1888 (après la chute de Napoléon III), le tsar Alexandre III, et le père Hérodion, obtiennent du gouvernement républicain français, anticlérical, un accord pour bâtir l’église, à condition qu’elle n’ait pas de cloche et soit édifiée comme une chapelle d’appartement, d’où la présence d’un logement privé, au rez-de-chaussée, destiné au prêtre.

A partir de 1890, l’église sera construite par les architectes Nikonoff (russe attaché au Saint Synode) et Tisnès (français de Biarritz).

Elle sera consacrée en 1892, en présence de l’ambassadeur de Russie en France et de plusieurs membres de la famille impériale russe, dont la tsarine Maria Feodorovna qui fréquentera régulièrement la station balnéaire jusqu’aux années trente.

Loin de la magnificence de la megalis ecclesias de Constantinople, le patrimoine matériel et immatériel séculaire de l’église biarrote touche néanmoins la mémoire et le cœur des hommes.

Ornée d’icônes provenant de Saint Pétersbourg, l’église comporte une magnifique «iconostase», en bois de chêne sculpté, qui évoque le voile de Salomon et symbolise la séparation et la transition entre les espaces corporel (nef) et spirituel (sanctuaire).

Au centre, les Portes Royales, symbolisent l’entrée du royaume de Dieu. Y sont représentés la Vierge Marie, l’archange Gabriel, ainsi que les quatre évangélistes, encadrés par la Mère de Dieu (avec son enfant) et le Christ Sauveur.

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Biarritz-Eglise orthodoxe-Iconostase©CuriousCat

* Révolution russe : de 1917 à 1923, environ, nombre de russes blancs émigrent à Biarritz et s’y installent. Leurs descendants demeurent encore marqués par cette période chaotique. Emu, Serge Cheloudtchenko, témoignait ainsi, en octobre 2017, de son drame familial, auprès d’Iban Etxezaharreta, de France Bleu Pays Basque : https://www.francebleu.fr/infos/societe/100-ans-apres-les-echos-de-la-revolution-russe-au-pays-basque-1509014044.

Attaché à l’église, il veille à préserver les traditions autant que le bâtiment. L’archevêque Gabriel de Comane, exarque œcuménique, lui a d’ailleurs remis, en 2010, une « gramata« , pour le récompenser de son engagement.

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Des couleurs « à la vie, à la mort »

Depuis le Xe siècle, la «Sainte-Catherine» est célébrée le 25 novembre. Le jour de sa mort, celle-ci vient toujours habillée de blanc, selon le dicton. Au-delà du débat récurrent autour du blanc et du noir, cette fête m’évoquait récemment les «Catrinas» colorées et l’idée que la mise en relief globale de l’approche multiculturelle de la mort pourrait permettre à ce blog de retrouver ses couleurs insolites, après une longue pause. Une idée étrange, voire morbide ?… Plutôt une ode symbolique à la vie, à la mort, via l’idée que :

«la mort n’est pas la fin de la vie mais que la vie est l’histoire de la mort» (T.Gandouly)

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En Amérique Latine et, plus spécialement, au Mexique, «La Catrina» est une icône du «jour des morts» (« El dia de los Muertos») inscrit au Patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’Unesco depuis une quinzaine d’année. Début novembre (1er et 2), les «angelitos» (enfants morts), et les adultes décédés, y sont respectivement honorés.

Ambiance, en images (0,53 minutes) :

Pour approfondir, 3 vidéos : (1) – (2) – (3, en français^^) et un décryptage personnel réussi, de l’amie blogueuse https://www.grainedevoyageuse.fr/mexique-dia-de-los-muertos/.

Calvera Catrina-2013-12-12-00.00.38-minInfluencée par des rites préhispaniques (mayas, aztèques), autant que par des coutumes catholiques (art macabre médiéval), la «Calavera Catrina» («calavera», crâne humain, tête de mort ; «catrín», personne élégante, habillée avec goût), incarne le concept festif indigène de la mort et sa dérision humaine, en musique et en couleurs, visant à l’apprivoiser.

CaptureA l’origine, «La Calavera Garbancera», squelette féminin, en buste, à l’allure chic, coiffé d’un grand chapeau à plumes, et vêtu de riches habits, créé par l’illustrateur José Guadalupe Posada, vers 1912, était une caricature des «nouveaux riches» mexicains qui se croyaient préservés de leur funeste destin du fait de leur position sociale.

Après la révolution, elle devint l’emblème de la culture populaire unifiée du pays. Personnage central de son œuvre murale «Sueño de una Tarde Dominical en la Alameda Central», le peintre Diego Rivera la rebaptisa alors sous son nom actuel «Catrina».

Même si les fêtes mexicaines, et celles d’Halloween (*), se déroulent sur la même période, le concept culturel mexicain de la mort est devenu très populaire, en particulier au niveau de la mode et de la décoration, comme le soulignait déjà, en 2014, Sandra Lorenzo, dans le HuffPost :

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D’autres exemples singuliers de commémoration des morts dans le monde…

Depuis plus d’un siècle, fin octobre/début novembre, au son des mariachis, le Guatemala honore aussi l’âme de ses morts de manière spectaculaire, lors du festival des cerfs-volants. Par milliers, ces aérodynes, en bois ou en bambous, recouverts de papier de soie multicolore, sont lancés dans les airs au-dessus des cimetières, afin de communiquer avec les défunts. De taille variable, certains sont gigantesques, dépassant 15 mètres de diamètre.

Giant Kite Festival - Sumpango, Guatemala-Source You Tube

Découvrez ces symboles d’une culture Maya surprenante en cliquant ici :  https://www.france.tv/france-3/faut-pas-rever/798473-guatemala-les-cerfs-volants-de-santiago.html (15 minutes).

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L’aventure intérieure du Voyage à Nantes : « entrez dans la transe » avec Pick up Production !

L’art porte intrinsèquement en lui la capacité de restituer une visibilité différente du vivant. Comme le chamanisme, cette relation poétisée, avec l’invisible, permet même souvent d’entrevoir un monde potentiellement meilleur. A l’instar de certaines méthodes thérapeutiques, le street art suggère, en particulier, un autre rapport au monde ou à soi-même. Pour autant, ce pouvoir de faire parler les murs, de « repanser » le monde en stigmatisant les lieux, par une empreinte humaine, lui confère-t-il les vertus d’un réel « art médecine » ? Cet acte créatif urbain est-il d’ailleurs délibéré ou parfois inconscient ?…

Pour tenter de répondre, continuons l’aventure onirique du Voyage à Nantes, amorcée avec Pedro, et revivons, en images, l’expérience immersive de l’association de culture hip hop Pick Up Production, dans un univers carcéral où des drames de la « comédie humaine » ont servi de support narratif à une dizaine d’artistes, tel le miroir à deux faces de « l’ordre des choses »…

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#Street-art-VAN-« Entrez libre » PICK UP PRODUCTION-Ancienne prison-Nantes ©CuriousCat

Symbole paradoxal de l’imperfection de cet ordre, la ville avait installé son ancienne prison à côté de l’ex Palais de justice devenu aujourd’hui le Radison Blu Hotel.

Avant sa démolition fin 2017, puis sa reconversion en 2019 (160 logements, une crèche, un parking souterrain de 400 places et un théâtre à la place du pavillon du greffe), la société Cogedim (propriétaire actuelle) a permis à Pick Up Production d’investir une partie des 12 600 m2 de l’ex Maison d’arrêt pour réaliser un projet artistique et éphémère…  en toute liberté ! 😉

Du 01/07 au 27/08, 94 411 visiteurs en auront franchi les grilles volontairement.

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#Street-art-VAN-« Entrez libre » PICK UP PRODUCTION-Ancienne prison-Nantes

Enfermés 17 jours dans ce cadre historique, abandonné par ses occupants en 2012, ce collectif de peintres, plasticiens, graffeurs et sérigraphes… a donc tenté de comprendre, puis traduire, l’enfermement, la surpopulation, la peur, la folie, les rêves, l’espoir, l’évasion… pour aiguiser les sens et toucher les esprits, via une transe picturale (http://france3-regions.francetvinfo.fr/pays-de-la-loire/loire-atlantique/nantes/culture-voyage-nantes-met-artistes-prison-1290979.html).

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#Street-art-VAN-« Entrez libre » PICK UP PRODUCTION-Ancienne prison-Nantes

Les « maux » amenant les « mots », soyez vous aussi les bienvenus dans l' »enfer sur terre« , pour reprendre le graff de Persu inscrit au fronton du mur d’enceinte de l’ancienne maison d’arrêt de Nantes et… « Entrez libres »  !

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« Ut pictura poesis » ou le récit zoulou du Voyage A Nantes de Pedro

Depuis ses origines, l’homme a manifesté la force narratrice de son esprit de différentes manières, au travers de dessins en particulier. A l’instar des enfants, ces supports mnémotechniques de la vie incorporelle, perdurent chez de multiples graffeurs et, de manière globale et instinctive, dans l’art brut, œuvrant pour la transmission symbolique et collective d’une temporalité poétique singulière…

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#VAN2017-Expo Zoulou Ut Pictura Poesis–Jardin des Plantes-Pedro-Nantes ©CuriousCat

Cette quête d’un langage véhiculaire, déjà évoquée pour le peintre Alain Thomas, semble animer aussi l’illustrateur/graffeur Pedro Ricardo qui, tel un chaman dépositaire d’une forme de « secret culturel », a choisi le Jardin des Plantes de Nantes pour « donner des ailes à son âme » en combinant formes, matières et couleurs comme des mots.

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A l’invitation des services SEVE et Culture de la ville, ce jeune artiste urbain, du collectif 100 pression, a investi cet espace botanique dans le cadre de l’édition 2017 du Voyage à Nantes (VAN).

Voie verte reliant la gare au centre-ville, ce théâtre de verdure offre ainsi, à quelques mètres du Musée des Arts de Nantes (réouvert en juin dernier, après plusieurs années de travaux), un cadre idéal, aussi naturel qu’original, à l’idée suivante d’une correspondance des arts, partagée par Plutarque, qu’Horace synthétisa lui-même via l’expression « ut pictura poesis » :

«La poésie est une peinture parlante, la peinture une poésie muette» (Simonide de Cléos)

Comme un fil d’Ariane entre mondes réel et imaginaire, Pedro y partage, du 01/07 au 27/08, sa vision de l’écologie humaine où nature et culture peuvent évoluer harmonieusement.

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Dans ce jardin des sens, aucun n’est interdit. Bien au contraire, dans cette agora de plein air, les œuvres de l’artiste semblent même une sorte d’invitation tribale bienveillante au débat si l’on s’en réfère aux totems disposés tout au long du parcours, depuis l’entrée principale jusqu’à la sortie, située face à la gare, où le public (voyageurs occasionnels de la SNCF, en attente de leur correspondance, ou simples promeneurs) découvre les planches pictographiques aux couleurs patriotiques ci-dessus.

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Cercles de couleurs… féeriques

Fairy rings-f27fd13fde4e3ee1c3ee0c0436a9029bDepuis toujours, science et magie entretiennent des liens assez ambivalents. En chimie notamment, les démonstrations qualifiées de « magiques » ne manquent pas. De son côté, la magie est assez largement issue de techniques scientifiques. Pour illustrer ce qui n’est pas nécessairement paradoxal, je reviendrai ici sur le curieux phénomène des « ronds de sorcière« (1) et « cercles de fées« (2), découvert lors de mon article sur les marais salants qui, in fine, « vous en fera voir de toutes les couleurs » dans différents environnements

 

De quoi s’agit-il ? Comment expliquer ces phénomènes étranges ?

Ces anneaux féeriques sont-ils l’empreinte énigmatique, éphémère et colorée, de quelque créature fantastique ?

N’en déplaise aux amateurs d’ésotérisme, il semble que, quelle qu’en soit la couleur et l’environnement, ces phénomènes sont en réalité parfaitement naturels, même si de nombreuses traditions leur ont régulièrement attribué des pouvoirs tantôt bénéfiques, tantôt maléfiques !…

Dans les marais salants

En milieu de saison, lorsque l’eau contient environ cent grammes de sel par litre, des ronds concentriques, de 40 à 50 cm de diamètre, apparaissent souvent à la surface du fond argileux des fares, bassins de marais-salants qui accélèrent la transformation de l’eau de mer en saumure avant la cristallisation du sel dans l’œillet.

Prosaïquement, ces anneaux sont a priori formés de cyanobactéries oscillaires, remontant des profondeurs de la vase vers la lumière, particulièrement résistantes aux conditions extrêmes, qui se seraient développées, il y a 550 millions d’années (première forme de vie terrestre).

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En août 2015, des paléontologues sibériens, venus chercher à Guérande, en Loire-Atlantique, les traces hypothétiques d’un stade évolutif de la croûte terrestre (l’Ediacarien), ont relevé que quelques anneaux, semblables à de très anciens fossiles, s’apparentent aux tapis microbiens forestiers, donnant à penser que certains champignons influeraient sur le développement des cyanobactéries et des diatomées.

Retour en arrière en attendant de découvrir l’intégralité des résultats de leurs recherches, en 2019 : http://www.ouest-france.fr/leditiondusoir/data/544/reader/reader.html#!preferred/1/package/544/pub/545/page/8

Pourquoi les couleurs sont-elles variables ?

Pas de certitude absolue mais l’hypothèse que, en se reconstituant à des vitesses différentes, le tapis provoquerait ces changements de couleur, assortie de questions corollaires : la croissance des champignons dégrade-t-elle la couche superficielle du tapis microbien, les cyanobactéries et les diatomées se séparent-elles pour des raisons inexpliquées ?….

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« Saü » patrimonial et couleurs à la pelle

En France, hormis celui de Paris et Grenoble, le laboratoire Arc’Antique de Nantes est le seul capable de restaurer tous les matériaux (céramique, métaux, verre et autres objets organiques..). Lors des Journées du Patrimoine, j’y découvris un lyophilisateur doté d’un logiciel de calculs des températures permettant d’assécher des matériaux organiques, ayant séjourné longtemps en mer, sans les détériorer. Comme une bulle libérée de mon inconscient, cette évocation fit remonter, en surface, le souvenir magique de l’ambivalent pouvoir du sel

les-marais-salants-de-guerande-en-loire-atlantique-minL’effet corrosif du sel évoque effectivement son paradoxal pouvoir de « mort » (agent polluant des papyrus, pouvoirs maléfiques, rituel de momification…) et de vie  (biologiquement vital, bénéfique pour la conservation des aliments, pour la médecine, l’agriculture ou la blanchisserie, fonte de la neige…), ambivalence qu’Hippocrate, expliquait déjà par le fait que cette substance mystérieuse, quasi surnaturelle, est « valorisée positivement et négativement« .

Faut-il chercher, dans l’origine de cet « or blanc », la genèse d’un tel pouvoir ? 

Oui, partiellement, mais peut-être préférerez-vous la légende de Chen et Liu à l’explication scientifique suivante ?

« Le soleil attire les parties les plus fines de l’eau et les élève dans l’air. La saumure reste en bas à cause de son épaisseur et de son poids : c’est ce qui donne naissance au sel ».

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Magique ou pas, le sel demeure, depuis toujours, précieux, au sens propre comme au figuré. 🙂 (1) Au-delà de l’aspect symbolique, son histoire a croisé, depuis longtemps, celle des hommes : ration de sel devenue «la paie» (« salaire« ), gabelle médiévale, contrebande, expressions populaires telles «sel de la vie» ou « mettre son grain de sel« , etc. (2) « Saü » l’y-laisse donc ! ^^

Comment les propriétés biologiques du sel amènent-elles une poésie colorée ?

Bien que les critères aient varié au fil des siècles, le sel consommé actuellement est généralement blanc, sa couleur provenant du calcium, du potassium et du magnésium. Selon la quantité de fer, de zinc, de cuivre d’iode ou de fluor qu’il contient, il peut néanmoins se teinter parfois de vert, de bleu, de gris ou de rose.(3)

 

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Soleil epiphanês pour toile de Janus

Un peu comme une icône, le soleil a écrit ce soir une très belle histoire ! Au risque de sembler souffler le chaud et le froid, le spectacle de feu du soleil, ce soir, succède donc, involontairement, sans facétie aucune, aux sculptures de glace d’hier…

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Comme une tempera, une émulsion solaire a recouvert le ciel,

magique, epiphanês, annonçant le Messie.

Une palette symbolique d’or, d’encens et de myrrhe,

parant la voûte céleste de couleurs royales.

Son cœur incandescent, avant d’être caché,

partage sa janusienne beauté et son brûlant baiser.

Demain, l’étoile se lèvera, d’un air évangélique,

ravie de s’être payé, ce soir, la grande part du gâteau.

A défaut de la fève, nous aurons ainsi, pour toujours,

le souvenir lumineux de ce divin moment.

©CuriousCat

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Impression soleil couchant (©CuriousCat)

Couleurs du « Nouvel An au Monde de Glace et de Neige de Harbin » (Chine)

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Tandis que mon aîné fêtait, hier, son anniversaire, fier comme le coq gaulois (mascotte de son équipe de rugby), les chinois de la ville de Harbin préparaient, à leur façon, l’arrivée d’un autre galliforme, le « Coq de Feu Rouge » (丁酉), symbole zodiacal du nouvel an chinois 2017 qui débutera le 28 janvier prochain.

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Comme tous les ans, cette capitale de la province mandchoue du Heilongjiang (Nord-est de la Chine), accueille effectivement le festival international de neige et de glace, au Parc Zhaolin. Lancé en 1963 mais interrompu plusieurs années, jusqu’en 1985, à cause de la révolution culturelle, ce festival a bénéficié des réformes économiques et de la volonté de modernisation et d’ouverture au monde de la ville. Son envergure est d’ailleurs désormais internationale.

 Avec des températures sibériennes de -30° Celcius en janvier (moyenne : de -17 à -38 parfois), la ville porte bien son nom de « ville glaciale« , offrant des conditions parfaites pour la réalisation et la conservation de sculptures sur glace. En revanche, il  sera, ici, difficile de qualifier le nouvel an chinois de son autre nom : « Festival du printemps » ! … 😉

Quelques repères avant d’admirer les sculptures, et surtout leurs illuminations, joliment colorées, visibles, du public, depuis la cérémonie d’ouverture de la 44ème exposition de Harbin, le 4 janvier  :

  • Période du festival : du 01/01 au 25/02/17
  • Surface de l’exposition : 600, 000 mètres carrés,
  • Matière première : provenant de la rivière voisine, la Songhua,
  • concepteurs : 30 concepteurs professionnels du Centre ayant participé à environ 70 expositions dans une trentaine de pays (y compris tropicaux, avec de la glace artificielle dans ce cas, conservée à -10° Celsius),
  • participants : 20 délégations d’artistes représentant 9 pays,
  • nombre de visiteurs attendus : plusieurs millions potentiels (30 millions en 2015),
  • Nature des sculptures : plutôt imposantes et hautes (150 mètres pour certaines), très sophistiquées, aux thématiques variées : sujets traditionnels du folklore chinois, comme les lanternes, scènes modernes avec lasers, etc. A titre indicatif, voici ce qu’indiquait, l’an dernier, Tan Jingxin, du Centre des arts de la sculpture de glace de Harbin, interrogé par deux journalistes du French people.cn :

« Au début, les conceptions étaient très simples, comme des bougies en glace ou des glaçons. Aujourd’hui, elles sont devenues plus complexes et comprennent souvent des monuments célèbres, comme la Grande Muraille ou la Tour Eiffel ».

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Monochromes ou multicolores, des fourmis « halluci-Nantes » !

Il y a peu, je partageais avec vous l’histoire de la Petite Géante de Royal de Luxe. Par association d’idées, me revint en mémoire l’histoire « Grand-mère que veux-tu ? » où, étrangement, « deux pas de fourmi » semblaient comparables à « trois pas de géant »… 

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Géantes, les fourmis ? Au sens figuré, oui, indubitablement : 10 000 espèces représentant 10 à 20% de la biomasse animale mondiale, des reines pouvant vivre jusqu’à une trentaine d’années, sans compter leurs morphologie et caractéristiques, leurs organisation et communication, leurs mœurs… Au sens propre aussi parfois, portant haut les couleurs de leur espèce.

Vous en doutez ? Alors, venez à Nantes ! Depuis le 9 mars, et jusqu’au 17 février 2017, « mille milliards de fourmis » ont effectivement envahi le Muséum d’Histoire Naturelle, dont une dizaine de géantes rouges, très impressionnantes, visibles sur la façade.

La scénographie « in vivo »  de l’agence Crocodile (cf vidéo du lien) valorise particulièrement l’exposition initialement conçue et réalisée par le Palais de la découverte, à Paris. De fait, ces insectes sont omniprésents :

  • dehors : dans le square Louis Bureau, « un tumulus de terre symbolise une fourmilière de laquelle s’échappent des fourmis chargées de fragments de feuilles » dont la taille et la couleur écarlate attire le regard, d’emblée  (1).
  • dedans : 10 mètres de galerie vitrée permettent aux visiteurs de suivre des fourmis tropicales (Atta Cephalotes ou fourmis champignonnistes) dans tous leurs déplacements.

Comme en milieu naturel, ces fourmis (plus rousses que rouges en réalité^^), transportent des feuilles, préalablement découpées (une colonie peut défolier un arbre en 24 à 48h), souvent assez lourdes (une fourmi pouvant porter jusqu’à 60 fois son poids), jusqu’au nid où se trouve le champignon qu’elles alimentent et qui, par commensalisme, permet, parallèlement, le développement des larves.

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Tous les aspects de leur vie y sont expliqués (système social, communication et comportement en groupe, défense, missions respectives…), de manière pédagogique, au travers de films, de maquettes 3D, de manipulations, d’une table tactile, mais aussi au travers de 3 vivariums permettant l’observation d’élevage.

Petit retour en images : https://www.youtube.com/watch?v=5iTcgNVkRxc (3.29 mn).

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Impressionnantes, mais assez familières ces « petites bêtes », penserez-vous peut-être ? Pourtant, votre regard changera sans doute en découvrant certaines particularités ou espèces insolites d’un point de vue chromatique

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Couleurs chatoyantes du dernier soleil d’été

 

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Ce soir, le soleil a « mis le feu » et mon oeil-de-chat a été ébloui ! Regardez à votre tour par mon oculus et apprécions ensemble ses gammes colorées…

Le chat ouvrit les yeux,

Le soleil y entra.

Le chat ferma les yeux,

Le soleil y resta.

Voilà pourquoi, le soir,

Quand le chat se réveille,

J’aperçois dans le noir

Deux morceaux de soleil.

Maurice Carême
(1899-1978)

© Fondation Maurice Carêmecuriouscat-nantes-dsc07004-nantes-min

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Fin de l’été ou pas, le soleil est là car it’s always….

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Nota : Toutes les photos sont personnelles et donc © CuriousCat. Leur reproduction nécessite mon accord.