Les « Arbrassons » de José Le Piez : un art atypique !

Sculpture sur bois-José Le Piez-Abbaye de Bon Repos(35)©CuriousCat (photo initiale J.Le Piez)

Grâce à différentes cellules nerveuses, situées à l’extrémité de leurs racines, les arbres communiquent olfactivement, visuellement et électriquement. Si certains scientifiques, qui s’intéressent à ce langage élaboré, ont démontré ces capacités neurobiologiques végétales, d’autres passionnés ont mis en avant celle de produire des sons, jusqu’à créer d’étonnants supports.

De sculpteur d’arbres en « sculpteur de sons, José LE PIEZ, s’est ainsi transformé » en « artiste interactif« . En 2006, son invention des « Arbrassons  » a même officiellement été référencée par la National Gallery de Washington et la bibliothèque d’Ottawa.

Découvrez, avec moi, ses « idiophones à bois frotté« , affectueusement surnommés « instruments à caresses« , présentés à l’Abbaye du Bon Repos (35), du 01/04 au 31/10/21.

Sculpture sur bois-José Le Piez-Abbaye de Bon Repos(35)©CuriousCat (photo initiale J.Le Piez)

Emblèmes symbiotiques du monde, par l’unité fondamentale de ses trois plans (souterrain, terrestre et céleste), les arbres fascinent José LE PIEZ depuis l’enfance. Sur le terrain, l’héritage familial (grand-père forestier, père artiste et professeur des Beaux-Arts), l’a rapidement amené à vouloir les sculpter, après les avoir élagués, pour la mairie de Paris.

En juin 1997, alors qu’il exposait dans une galerie de la capitale, au Faubourg des arts, il a découvert qu’une des sculptures, sur laquelle il passait la main, chantaitInterviewé par le journal Le Monde, voici ce qu’il raconte en 2018 : « Il faisait très chaud, comme aujourd’hui. Lorsque j’ai posé la main sur l’une de mes sculptures, une envolée d’oiseaux a jailli d’entre mes doigts.»

Arbrassons-J.Le Piez-Abbaye de Bon Repos(35)©CuriousCat (photo initiale J.Le Piez)

Bien que les Arbrassons ne correspondent à aucune catégorie d’instruments répertoriés (ni à corde, ni à vent, sans caisse de résonance), certains ethnomusicologues du Musée du Quai Branly, leur ont trouvé des similitudes avec le ‘Livika » ou « nunut« , tambour à friction de Papouasie-Nouvelle-Guinée funéraire, imitant la voix de l’âme des morts, utilisé rituellement pour demander une répartition des richesses des défunts, juste et équitable.

Par ailleurs, leurs infrasons évoquent aussi les croyances des chamans des forêts primaires amérindiennes, à l’instar de Davi Kopenawa qui déclarait à l’ethnologue Bruce Albert, au début des années 2000 :

« Les esprits oiseaux qui viennent apporter leurs chants de pouvoir aux chamans vont les apprendre de l’arbre à sons. » (La Chute du ciel. Paroles d’un chaman Yanomami , Plon, « Terre humaine », 2010)

Musicien depuis 1999, José LE PIEZ continue d’explorer les variations soniques en veillant à sa mission de « passeur d’arbre, passeur d’âme« , conscient des bénéfices de la sylvothérapie.

A l’instar de la salutaire scarification du jardinage (graines, arbres…), l’autodidacte fend des morceaux d’arbre mort, avec sa tronçonneuse, pour transformer les monoblocs boisés en médiums musicaux, dans un mouvement interactif, spontané (sans dessin préalable), à la fois corporel et calligraphique. « Chaque entaille va donner une note et le tout crée ensuite une ligne mélodique », explique-t-il.

Pour cette démarche perceptuelle, José LE PIEZ utilise différentes essences de bois : cèdre, cerisier, chêne, érable, ginko, épicéa, wengéEn effet, l’acoustique varie selon les rythmes lunaires et marées gravimétriques, l’humidité, les formes et les bois sculptés.

Entre Nature et culture, les ondes sonores de ces mémoires de vie universelles, tiennent donc, selon le cas, d’un « chant » singulier, « primitivo-contemporain », d’étranges « nuées d’oiseaux », « essaims bourdonnants », « plaintes elfiques », « gémissements féeriques. »

« Jamais l’arbre n’a été adoré rien que pour lui-même… Mais toujours pour ce qui, à travers lui, se révélait. » (Mircéa Éliade, Traité d’histoire des religions)

Sculpture sur bois-José Le Piez-Abbaye de Bon Repos(35)©CuriousCat (photo initiale J.Le Piez)

Depuis 2003, José LE PIEZ a créé l’association « Angeli primitivi » avec Patricia CHATEALAIN, peintre naturaliste. Avec d’autres musiciens, partageant leur philosophie, « ils vivent l’improvisation musicale comme un espace sacré » permettant l’émergence de l’imperceptible mémoire du vivant. C’est notamment le cas de Beñat ACHIARY, que certains chroniqueurs qualifient d' »arbravocaliste« , avec qui ils forment le trio URBAÏLA.

Que l’on apprécie, ou non, cet univers sonore, difficile de demeurer totalement indifférent(e) à la découverte d’un art dynamique qui questionne l’harmonie utopique.

Pour revivre, in situ, les coulisses de cette résidence d’artistes découvertes, cet été, dans ce lieu spirituel de l’Argoat :

Source : https://www.youtube.com/watch?v=4vhiD6mYVvs

CuriousCat

Chat va être chouette©CuriousCat

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Le magnum opus de Carpo

Le magnum opus de Carpo

Automne-Bonnets d’évêque (fusain d’Europe) ©CuriousCat

Sur le carrousel des saisons, l’été a dû céder son tour.

Souvenir hédonique, il reste assis sur les bancs des mémoires.

Poète affranchi, le soleil poursuit son voyage au long cours,

Sa plume indienne confiant au ciel ses belles histoires.

Couleurs d’automne-Jardin des Plantes-Nantes©CuriousCat

De nos heures célestes, Carpo est désormais la gardienne.

L’ordre de la Nature, soumis à sa grâce flamboyante,

Parfois masqué, par de matinales vapeurs ambrosiennes,

Démontre aux hommes ses lois divines, de manière charmante.

Automne 2021-Voyage à Nantes©CuriousCat

Cheveux roux cascadant sur sa robe mordorée et vineuse,

La déesse automnale nous offre son beau spectacle annuel.

Pour réussir ce magnum opus, quête très ambitieuse,

Elle use de teintes magiques et d’un secret rituel.

©CuriousCat

En livrée à sequins cuivrés, les arbres sont en valeur.

Stoïques mannequins d’un sylvestre polyptyque diapré,

Passant du vert au jaune-orange et d’autres sanguines couleurs,

ils sont, par leur parèdre, lumineusement transfigurés.

Couleurs des feuilles d’automne©CuriousCat

En se penchant sur les miroirs d’eau creux, devenus leur tombeau,

les dieux savent, qu’après le requiem, l’hiver va arriver.

Bientôt, les feuilles sépias, soulevées par le vent-plumeau,

flétries sur le sol, formeront un riche compost nourricier.

Automne-Parc de Procé-Nantes©CuriousCat

Au printemps, les pampres des vignes et les bois, en crêpe grège,

réchauffés par les vifs feux d’Hélios, seront soignés des pluies.

Thallo, de la couronne nymphéale, aura le privilège,

fructifiant, après sa sœur, cet éternel nectar de vie.

©CuriousCat

CuriousCat

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Les « Folies Siffait » : une bizarrerie aux couleurs passées

Une semaine avant la 38ème édition des Journées du patrimoine, l’occasion m’a été donnée de redécouvrir « les Folies Siffait« , insolite labyrinthe de ruines, aux murs de schiste ardoisé, et de végétation, situé sur un éperon rocheux, en surplomb de la Loire, dans la commune du Cellier (Loire-Atlantique).

Par ses « emplacements contradictoires », ce lieu magique de 3 hectares, né de l’imaginaire de Maximilien Siffait, au XIXème siècle, monument historique depuis 1992, illustre pertinemment le concept d' »espaces autres« , évoqué récemment.

« Un jardin extraordinaire« , comme aurait dit Charles Trenet

Folies Siffait-Le Cellier (44)©CuriousCat

Les Siffait, père et fils

Même si la paternité de cette œuvre est principalement attribuée à Maximilien Siffait, son fils Oswald a hérité de sa créativité. Qui étaient donc ces « architecteurs de Nature » ?

Né en 1780, à Abbeville, dans la Somme, Maximilien Siffait était Receveur Général dans l’administration des Douanes, à Calais.

En 1815, lors d’un voyage d’affaires, ce Bonapartiste découvre Nantes et les bords de Loire. Un an plus tard, lui et son épouse, Marie-Louise Jourdan, acquièrent le domaine de la Gérardière (manoir et terres attenantes) et s’y installent avec leurs enfants, Jeanne-Louise (1811-1830) et Oswald (1816-1877).

Veuf, depuis 1819, il lègue le domaine à son fils, en 1836, après la mort de sa fille.

Passionné d’arboriculture, et de plantes exotiques, Oswald Siffait poursuit l’œuvre de son père jusqu’en 1845. Opposé à la construction d’une voie de chemin de fer Nantes-Tour (aujourd’hui Nantes-Paris), qui ampute son jardin de 2 terrasses, il part vivre à Nantes où il mourra en 1877(*).

Folies Siffait-Le Cellier (44)©CuriousCat

Un chantier d’une quinzaine d’années

Autodidacte, Maximilien Siffait a conçu et fait construire son jardin, en y ajoutant divers éléments architecturaux en pierres sèches : tourelles, escaliers, niches, belvédères, une trentaine de terrasses, appuyées sur des murs (dont certains dépassant les 10 m de haut), réalisées du bas vers le haut, sur 70 mètres de dénivelé.

Les trous ayant servi de point d’escalade (échafaudages), pour monter les matériaux, jusqu’à ces terrasses en hauteur, demeurent d’ailleurs parfaitement visibles :

Folies Siffait-Le Cellier (44)©CuriousCat

Débuté en 1816, le chantier sera arrêté en 1830, à la mort de la fille du créateur.

Racheté en 1986 par la commune du Cellier, le site a été inscrit à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques, en 1991, au titre des parcs et jardins. Il appartient au Département depuis 2007.

Un site patrimonial remarquable et fragile

Au-delà du bâti, c’est l’ensemble de cette zone naturelle unique, des « coulées et côteaux de Mauves et du Cellier », qui doit être préservé. Les Folies-Siffait font effectivement partie du « Verrou du Val de Loire » proposé au classement de l’Unesco : http://www.pays-de-la-loire.developpement-durable.gouv.fr/projet-de-classement-du-verrou-du-val-de-loire-a4753.html.

Dès l’entrée, la voûte végétale, ajourée par de grandes branches, confère au site un air de carène de bateau inversée, propice au voyage imaginaire.

Outre des arbres remarquables (cèdres de l’Atlas, tilleuls à grandes feuilles, sorbiers des oiseleurs, chênes vert, catalpas, araucarias, marronniers, cyprès du Colorado, paulnias…), les Folies Siffait comptent une faune (écureuil roux, sittelle torchepot, pic-épeiche…) et une flore particulièrement rares, dus à Oswalt Siffait.

L’œuvre ambigüe d’un « amateur romantique »

Faute d’archives, les motivations de Maximilien Siffait demeurent, aujourd’hui encore, incertaines :

  • point d’accostage pour les navires de la compagnie fluviale de son frère « Siffait et Vince » (escale ente Nantes et Ancenis) ?
  • acte philanthropique visant à procurer du travail aux artisans et ouvriers locaux (hypothèse des membres de la société archéologique, au début du XXe siècle)2 ?
  • volonté d’entretenir la ‘Parfaire harmonie » (symbolique de la loge franc-maçonne à laquelle appartenaient ses père et grand-père, ainsi que ses deux frères) ?
  • influence culturelle et goût de l’époque Régence pour les jardins aux références orientalisantes (kiosques orientaux, pagodes chinoises et mannequins de cire)3 ?
  • évocation de l’italie, chère au cœur de Maximilien Siffait ? Dans son livre « Les Folies Siffait, un empire pour une demoiselle« , paru en 1999, J.G. Bouchaud écrit ainsi : « Des photographies en noir et blanc et couleurs évoquent ce site faisant parfois songer aux gravures de Giambattista Piranèse. Un plan permet de retrouver les différentes scènes le composant comme le Belvédère de Mme Siffait, le Siège de l’homme seul, le Mausolée du néant, les Oasis de fraîcheur, les Escaliers en cascade… ».
Folies Siffait-Le Cellier (44)©CuriousCat

ou, plus prosaïquement :

  • expression de sa passion amoureuse ?
  • volonté de faire plaisir et laisser un héritage unique à sa famille ?
  • lien entre sa demeure et la Loire ?
  • quête esthétique et romantique ? Cette analyse est celle partagée, en 1998, par J.P. Leconte, architecte du patrimoine, dans son ouvrage sur les Folies-Siffait.
La Loire, depuis les Folies Siffait-Le Cellier (44)©CuriousCat

Des  » arrangements de la nature « , ostentatoires et colorés

D’après J.P. Leconte (4):  » Il est vraisemblable que le site fut, au départ, totalement enduit et recouvert de badigeons colorés dans la palette ocre jaune, rouge brique et gris « .

Dans « Panorama de la Loire, Voyage de Nantes à Angers » (Nantes, Mellinet-Malassis, p.34 et 35), il est aussi question, en 1829, de « pavillons, kiosques, terrasses, escaliers rouges, bleus et jaunes« .

Quelques vestiges témoignent des parements (dont la façade d’un petit temple), ainsi que des peintures en trompe-l’œil, qui ornaient les façades (https://www.dailymotion.com/video/xhwm2b, 1:26 à 1:50), l’ensemble ayant suscité, à l’époque, plusieurs critiques acerbes (passants, chroniqueurs, etc).

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Fata Morgana : un mirage chromatique ?

Thomas Chkp & Cindy Belaud-Expo Fata Morgana-Nantes©CuriousCat

En référence à la fée Morgane, la « Fata Morgana » est un phénomène optique naturel qui désigne une superposition de mirages supérieurs et inférieurs.

Plusieurs fois utilisée dans le milieu culturel (cinéma, littérature…), l’expression a été reprise par une quinzaine d’artistes de l’atelier KraftHouse qui avaient investi l’espace alternatif nantais Pol’n.

L’exposition « FATA MORGANA » se voulait une « invitation au mystère… au baroque, mais surtout à l’inhabituel ». Initialement prévue du 28/05 au 19/09/21, elle a néanmoins été provisoirement suspendue, 3 mois après son vernissage, en raison des mesures gouvernementales liées au passe sanitaire.

Alors, hallucination collective ou mirage chromatique ? L’arrêt sur images, réalisé dans cet « ailleurs d’élection », devrait permettre la mise au point...

Pedro/Smoka-« Mirage »-Expo Fata Morgana-Nantes©CuriousCat

Sans l’œuvre colorée de Pedro et Smoka, illuminant le porche, je n’aurais pas nécessairement découvert cet espace expérimental pluridisciplinaire situé au fond d’une cour, au 11 de la rue des Olivettes (quartier Madeleine/Champs de mars de Nantes).

Aujourd’hui propriété de la Ville de Nantes, Pol’n est co-géré par 13 associations (liste détaillée sur https://pol-n.org/poln/).

Au fond du local, les bannières « Haut et fort » d’Hélène Burel, la Petite Henry et G. évoquent d’ailleurs, de manière sous-jacente, le passé de l’ancien Office des Papiers Peints (OPP) mais aussi l’artisanat durable, la liberté d’expression aussi poétique qu’engagée…

Hélène Burel/La Petite Henry/G-  » Haut et fort « – Expo Fata Morgana-Nantes©CuriousCat

La référence à l’OPP, se retrouve aussi dans les drapés solaires, évoquant à la fois la nappe vichy, de quelque pique-nique psychédélique, et le décor en toile de Jouy d’un singulier cabinet de curiosités…

Derrière l’humour, et l’esthétisme fluo cyan, magenta et jaune, la scénographie de l' »Armada Armadillidium« , de Rathür, met en relief la symbolique des cloportes, seuls animaux capables de se déplacer sous une surface sans lâcher prise.

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Peintures de lumière végétales

« Trait d’union entre le soleil et la biosphère (1), la lumière est le cordon ombilical de la Terre » (La Terre d’abord).

Magniolias-Parc de Procé-Nantes©CuriousCat

Des espaces verts, des couleurs, une atmosphère… et quelques photos pour y déposer cette nouvelle écriture de lumière « grandeur Nature ».

Camélia-Jardin des Plantes-Nantes©CuriousCat

CuriousCat

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(1) Pour en savoir plus sur la thématique :

https://planet-vie.ens.fr/thematiques/manipulations-en-svt/la-photosynthese-generalites

https://planet-vie.ens.fr/thematiques/manipulations-en-svt/la-morphogenese-vegetale-action-dirigee-des-facteurs-de-l

Trois-mâts « Shtandart » : l’étendard coloré des rêves…

Moins long que le Belem (58 m), ou l’Hermione (65 m), le « Shtandart« , réplique de l’ancien vaisseau amiral russe du XVIIIème (34,5 m), conserve pourtant une magnificence royale destinée, originellement, à impressionner les flottes ennemies.

En escale à Nantes, après Rotterdam et St Malo, l’équipage de ce navire-école l’ouvre à la visite, jusqu’au 2 octobre 2020, pour partager, de manière enthousiaste et pédagogique, des passions communes (voiliers, histoire… ) et une philosophie, devenue leur devise : « life is what you make » (1).

« Tenez bon la rampe et, hisse et ho », embarquez à présent, en audio et visio, pour un voyage virtuel dans l’Histoire, la porte ouverte sur des horizons infinis...

roue-de-bateau-23921396-min Des symboles de puissance colorés

L’actuel Shtandart, réplique de l’ancienne frégate du XVIIIème, tire son nom de l' »étendard » du tsar Pierre le Grand.

Shantdart-Nantes©CuriousCat

Un rapide examen vexillologique permet d’ailleurs d’y retrouver les symboles colorés de l’Empire de Russie :

  • sur un fond jaune doré, aigle noir bicéphale, portant 3 couronnes (2 royales, 1 impériale) et, sur sa poitrine, Saint George terrassant le dragon.
  • les couleurs bleu, blanc, rouge des drapeaux de la Fédération de Russie et du Pavillon de beaupré.
Shantdart-Nantes©CuriousCat
  • En bas et haut, 4 cartes maritimes : celle de la mer Blanche (près de la tête droite), la mer Caspienne (à gauche), la mer d’Azov (près du pied droit), ainsi que le golfe de Finlande, avec la moitié du golfe de Bosnie et une partie de la mer Baltique (près du pied gauche).

Les « couleurs » sont si importantes qu’elles sont « envoyées », chaque matin, à 8 heures, accompagnées par 8 coups de cloche.

Shantdart-Nantes©CuriousCat

Outre les saints protecteurs et la représentation des premières victoires maritimes de la Russie (sur l’écusson de Saint-Pétersbourg, gaillard d’arrière), la puissance du navire s’exprime, symboliquement, au travers de la figure de lion de l’étrave.

Shantdart-Nantes©CuriousCat
Shantdart-Nantes©CuriousCat

roue-de-bateau-23921396-minUn concept patriotique et pédagoqique, dès l’origine

Ancien champion de windsurf russe de Saint-Pétersbourg, capitaine de ce navire, et nostalgique des grands voiliers, Vladimir Martus est à l’origine du projet de reconstruction, à l’identique, du trois-mâts d’origine, demeuré dans les mémoires en tant que navire national de valeur, depuis sa destruction, en 1727.

« Les bateaux anciens, on ne peut pas les ramener du passé, mais on peut en construire des répliques pour offrir aux gens ce qu’était la voile, à l’ancienne. » (V.Martus-Maritima Info 2018 )

Retour en 1994. 3, 56 minutes pour revivre ce chantier, éducatif et patriotique, qui pris fin en 1999 :

roue-de-bateau-23921396-min Caractéristiques techniques du bateau, en synthèse

  • longueur de la coque : 34,50 m
  • Hauteur du grand mât : 33 m
  • Tirant d’eau : 3,30 m
  • Equipage : 7 (navigation moteur) ou 12 (navigation à la voile)
  • 14 voiles
  • 7 canons (28 autrefois)
  • Navigation : transport de 40 personnes, dont 10 d’équipage.
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L’oiseau en habit vert

De manière générale, et notamment en temps de crise, l’attention au Vivant me semble participer de notre indispensable écologie humaine.

Hier, ma rencontre, avec ce pic vert,  » hôte régulier  » de notre site protégé, s’est doublée du plaisir d’un intermède photographique, prétexte, aussi, à cette fantaisie poétique. (1)

En ce temps pluvieux, brumeux, automnal, où des lombrics terrestres cherchaient l’air, en surface,

un noble Picidé, familier de ces lieux, se trouva ravi de cette bonne aubaine.

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« Nature native from Seattle to Nantes »… couleurs totémiques de l’espoir

M. Mc CARTY (Makah tribe)- Water spirit woman red cedar-Expo Nature native from Seattle to Nantes-JDP2020©CuriousCat

« La résilience, c’est l’art de naviguer dans les torrents » (B.CYRULNIK)

En amont des Journées du Patrimoine 2020, le jardin du Muséum d’Histoire Naturelle de Nantes accueille, jusqu’au 27 septembre 2020, l’exposition photos « Nature native from Seattle to Nantes« , organisée par ces 2 villes, jumelles depuis 1980.

Expo « Nature native from Seattle to Nantes »©CuriousCat

Accrochées aux grilles du jardin, comme autant d' »attrape-rêves », les 18 créations graphiques, de 4 artistes des communautés autochtones de Seattle et du Pacific Northwest, témoignent d’un art résilient, hautement symbolique.

Guidés par ces poissons, « plongeons dans leur flow » singulier

P. BOOME(Upper Skagit tribe)-Royalty©CuriousCat

Seattle est la seule grande ville des Etats-Unis d’Amérique qui tire son nom d’un chef autochtone (Si’ahl, chef du peuple Suquamish et Duwamish). Quoique minoritaires (moins d’1 % de la population actuelle), les « natifs » conservent une culture extrêmement dynamique.

Liés par leur attachement à la terre, autant que leurs racines communes (« peuples premiers », à l’histoire souvent douloureuse), les artistes de l’expo. appartiennent, pour leur part, à 3 tribus Nord-Amérindiennes différentes :

  • Dainas (Michael Nicoll YAHGULANAAS),
  • Makahs (Alex et Micah Mc CARTY),
  • Skagits (Peter BOOME).

Dans le contexte de la crise sanitaire, leurs messages d’amitié, d’altruisme et d’espoir, destinés aux nantais, puisent poétiquement aux sources de leurs traditions ancestrales et de leurs liens spirituels harmonieux, cosmiques même, avec leur environnement naturel.

Dans cet interview, d’août 2020, accordée au comité de jumelage Nantes-Seattle, leur présentation confirme la congruence de leur démarche personnelle et professionnelle (artistique, pédagogique, patrimoniale, environnementale….).

Source : https://www.youtube.com/watch?v=oB4-YjG-FSM&feature=youtu.be (1:09)

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Le blob, « péril jaune » polymorphe ou génie tutélaire ?

En revenant sur l’édition 2019 de la « nuit européenne des chercheurs« , un récent voyage sur « la toile » m’a permis de découvrir le  » blob  » (*), auquel Audrey Dussutour, éthologue du CNRS de Toulouse, consacre une grande partie de ses travaux  de recherche.

Une expérience de sérendipité, digne du conte de Louis de Mailly, que vous avez peut-être déjà vécue, dans la nature, en croisant ce mystérieux « physarum polycephalum« , sans probablement imaginer ses pouvoirs surnaturels.

« Aux frontières du réel », suivons cette  » blob-trotteuse  » passionnée pour découvrir ce rampant, au thésaurus imprécis qui, au-delà de son aspect et de son odeur de moisi, est incroyablement attirant…

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Blob © MNHN F-G G. Randin

Une apparence aussi énigmatique que son nom

Caché sous les écorces, ou dans certains coins sombres, à l’abri de la lumière, ce myxomycète (du grec « myxo », gélatineux, et de la racine « myc », champignon), vit principalement dans les sous-bois. On en trouve sur différents territoires de notre planète.

Il peut se présenter sous différentes formes (rond, arborescent, informe…) et couleurs (blanc, rose, noir, vert…), même si le jaune est plus fréquent

A l’instar de la créature gluante éponyme, d’un célèbre film américain, des années 50, la couleur jaunâtre, symbolique et ambivalente de cet « alien » doit-elle nous faire « bloblo…ter » ? (**)

En réalité, le blob est inoffensif. Apparu sur Terre, il y a près d’un milliard d’années, il est même indispensable à notre écosystème (biodiversité via la génération de micronutriments nécessaires aux plantes, recyclage des métaux lourds…).

 » Dans l’évolution, c’est un chaînon manquant entre les organismes unicellulaires et nous.  » (Audrey Dussutour – Journal du Dimanche, 31/05/17) (1)

Un amibozoaire qui défie les lois de la biologie

Découvert en 1973, dans le jardin d’une américaine, ce microorganisme eucaryote suscite l’intérêt des médias depuis lors. Jusqu’aux recherches du CNRS, cette créature semblait néanmoins inclassable.

Ni champignon, ni plante, ni  animal, le blob est en fait un organisme unicellulaire dont le corps (plasmodium) peut potentiellement atteindre 10 m2 (contre 0.01 pour une cellule humaine).

Ce n’est toutefois pas la moindre de ses étonnantes capacités. En effet :

  • il se repère parfaitement dans l’espace, bien qu’il n’ait pas d’yeux,
  • sans nez, il respire pourtant,
  • dépourvu de bouche et d’estomac, il digère néanmoins sa nourriture (bactéries, champignons, dans la nature ; avoine, en laboratoire) ; manger est essentiel à sa santé, aussi passe-t-il sa vie à ramper derrière la nourriture. (1)
  • sa croissance est exponentielle : il double de taille chaque jour,
  • dénué de pattes, il se déplace en utilisant son système veineux (dans lequel circule son « sang »), à raison de 2 à 4 cm/heure. Ses pseudopodes (déformations de sa membrane plasmique) lui permettent même de se déplacer simultanément dans plusieurs directions (un pas en avant, un demi-pas en arrière).

  • avec 720 genres sexuels, il se reproduit facilement, par spores (comme le champignon),
  • il ne craint ni l’eau, ni le feu mais fuit la lumière,
  • coupé en deux, il cicatrise en 2 minutes. En cas de dispersion, les morceaux peuvent même devenir des clônes indépendants,
  • après des années sans manger et se réveiller, cet « ovni » (***) peut se régénérer si on le réhydrate et le nourrit. Quasiment immortel !..

Ses propriétés antifongiques et antibactéricides ouvrent de multiples et positives perspectives médicales et technologiques (dépollution des sols, nouveaux antibiotiques, traitement efficace du cancer, optimisation de réseaux…).

Un génie de l’adaptation

Sous son allure d’œufs brouillés, et bien qu’il n’ait pas de cerveau, cet organisme primitif, cache également une singulière intelligence.

Blob©Audrey Dussutour-CRCA-CNRS-Photothèque-minDans une étude, publiée dans Proceedings of the Royal Society B, Romain Boisseau (chercheur en biologie de l’Université Toulouse III Paul-Sabatier),  David Vogel et Audrey Dussutour (équipe du centre de recherche sur la cognition animale du CNRS), ont démontré que physarum polycephalum sait tirer des leçons de ses expériences afin de se nourrir sans risque.

Confrontés à des substances amères (café, quinine ou sel), différents groupes de protistes, d’abord méfiants, ont réalisé leur innocuité et fini par les traverser pour accéder à leur source de nourriture.

Après quelques jours, sans stimulus, l’habituation n’opère néanmoins plus.

Autre découverte (3-4) :  le blob est capable de mémoriser et communiquer ses  apprentissages, à un congénère, en fusionnant avec lui (explications de ce processus transmissif ci-dessous) :

Fusion de blobs©David Vogel -Futura planète-min
Deux Physarum « expérimentés », ou « habitués » (H), ont fusionné avec un blob « naïf » (N). À droite, l’observation, au moins trois heures plus tard, montre la formation d’un canal entre les deux organismes. © David Vogel

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2020 aux couleurs de l’Elephant Parade, à Nantes

Psycho Elephant (F.GUIMARAES)-Elephant parade-Nefs de Nantes©CuriousCat-min
Psycho Elephant (F.GUIMARAES)-Elephant parade-Nefs de Nantes©CuriousCat

Gros plan oeil de l'éléphant2-Machines de l'île-Delarozière ©CuriousCat-min-1L’art peut agir sur l’inconscient individuel et collectif en mettant  » l’homme devant ses responsabilités : rétablir, dans l’urgence, les liens d’équilibre entre lui-même et son milieu vital « . (P. Ardenne – Un art écologique – Ed. La Muette/Le Bord de l’eau).

L' »effet Dumbo » de l’Elephant parade (1) qui s’est déroulée, à Nantes, du 21 décembre 2019 au 5 janvier 2020, dans le cadre de la 13ème édition du Noël aux Nefs des Machines de l’île, devrait ainsi agiter longtemps nos mémoires…

D'orophant (T.MAC KAY)-Elephant parade-Nefs de Nantes©CuriousCat-min
D’orophant (T.MAC KAY)-Elephant parade-Nefs de Nantes©CuriousCat

Mais, avant tout…

Elephant Parade®, kézako ? (1)

  • Statut ? : entreprise sociale hollandaise
  • Depuis quand ? : Fondée en 2006, par Marc Spits et son fils Mike.
  • Pourquoi ? : Lors d’un voyage en Thaïlande, Marc avait rencontré Mosha, un bébé éléphant, amputé d’une partie de sa jambe après avoir marché sur une mine.

  • Pour quoi ? : Créer une structure rentable, à long terme, afin d’assurer un avenir durable pour Mosha et d’autres victimes éventuelles.
  • Quelles actions, depuis 2007 ? :

*Financement de programmes de protection et de préservation des éléphants, via :

 1. la création artistique de 1 500 statues uniques, de 150 cm, en fibre de verre ; 1 900 artistes contributeurs, à propos desquels Marc Spits disait, en 2013 :

Gros plan oeil de l'éléphant2-Machines de l'île-Delarozière ©CuriousCat-min-1No matter the artist, celebrity or painter, this dynamic group of people are gathering, on a global level, to be a part of an incredibly important cause to paint a brighter future for a species now threatened with extinction.”

2. l’organisation d’expositions internationales annuelles (30 parades, à ce jour).

Elefancy (E.SEVERIN)4-Elephant parade-Nefs de Nantes©CuriousCat-min
Elefancy (E.SEVERIN)-Elephant parade-Nefs de Nantes©CuriousCat

3. le reversement de 20 % des profits nets issus (vente de statues et/ou de modèles réduits en résine de 10, 15 ou 20 cm), avec un don minimum de 50 000 euros par an.

Twisted almond blossom-(Springer by Phantasma)3-Elephant parade-Nefs de Nantes©CuriousCat-min
Twisted almond blossom-(Springer by Phantasma)-Elephant parade-Nefs de Nantes©CuriousCat

*Sur la base de cadeaux personnalisés, destinés à démarquer positivement les entreprises partenaires de leurs concurrents, programmes de Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE) spécifiques et communication originale ad hoc.

Parmi les nombreux partenaires, qui exposent des éléphants dans leur hall d’entrée, citons : The Peninsula, Shangri-La, David’s Kitchen, Chang Beer, BMW, Mercedes ou River City, etc.

1:30 mns pour résumer cet « éco-art » :

D’autres vidéos sur : https://www.youtube.com/user/ElephantParadeTV/videos.

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