« Ut pictura poesis » ou le récit zoulou du Voyage A Nantes de Pedro

Depuis ses origines, l’homme a manifesté la force narratrice de son esprit de différentes manières, au travers de dessins en particulier. A l’instar des enfants, ces supports mnémotechniques de la vie incorporelle, perdurent chez de multiples graffeurs et, de manière globale et instinctive, dans l’art brut, œuvrant pour la transmission symbolique et collective d’une temporalité poétique singulière…

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#VAN2017-Expo Zoulou Ut Pictura Poesis–Jardin des Plantes-Pedro-Nantes ©CuriousCat

Cette quête d’un langage véhiculaire, déjà évoquée pour le peintre Alain Thomas, semble animer aussi l’illustrateur/graffeur Pedro Ricardo qui, tel un chaman dépositaire d’une forme de « secret culturel », a choisi le Jardin des Plantes de Nantes pour « donner des ailes à son âme » en combinant formes, matières et couleurs comme des mots.

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A l’invitation des services SEVE et Culture de la ville, ce jeune artiste urbain du collectif 100 pression, a investi cet espace botanique dans le cadre de l’édition 2017 du Voyage à Nantes (VAN).

Voie verte reliant la gare au centre-ville, ce théâtre de verdure offre ainsi, à quelques mètres du Musée des Beaux-Arts (réouvert en juin dernier, après plusieurs années de travaux), un cadre idéal, aussi naturel qu’original, à l’idée suivante d’une correspondance des arts, partagée par Plutarque, qu’Horace synthétisa lui-même via l’expression « ut pictura poesis » :

«La poésie est une peinture parlante, la peinture une poésie muette» (Simonide de Cléos)

Comme un fil d’Ariane entre mondes réel et imaginaire, Pedro y partage, du 01/07 au 27/08, sa vision de l’écologie humaine où nature et culture peuvent évoluer harmonieusement.

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Dans ce jardin des sens, aucun n’est interdit. Bien au contraire, dans cette agora de plein air, les œuvres de l’artiste semblent même une sorte d’invitation tribale bienveillante au débat si l’on s’en réfère aux totems disposés tout au long du parcours, depuis l’entrée principale jusqu’à la sortie, située face à la gare, où le public (voyageurs occasionnels de la SNCF, en attente de leur correspondance, ou simples promeneurs) découvre les planches pictographiques aux couleurs patriotiques ci-dessus.

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Street art à Nantes, un « pitch » coloré pour amoureux de légendes urbaines…

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Comme de nombreuses villes, celle de Nantes condamne le street art autant qu’elle l’encourage, parallèlement dans certains lieux, en tant qu’objet de culture. Paradoxe ? … Chacun jugera si, comme l’écrit Christophe Genin dans le « le street-art : de nouveaux principes ? » :

« Les grandes lignes de ces dialectiques de la répulsion ou de l’attraction des consciences permettent de concilier l’intention pour soi et le statut conféré par autrui. »

De manière évidente pour moi, les graffiti constituent de véritables légendes urbaines » (le latin « legenda » signifiant « qui doit être lue »). Les murs de nos rues racontent ainsi, « urbi et orbi », en silence (quoique de façon criante), des histoires qui partent de légendes pour aboutir à quelques vérités librement interprétables. Sans jeu de mot excessif, l’urbanité de cet art tient donc en la possibilité, pour les grapheurs, de « faire le mur » tout en respectant certains codes, voire même une certaine « étiquette ». 😉

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Street-art Jardin des Plantes-Nantes

Pour le vérifier, je suis néanmoins partie, à la fin de l’été, me promener en ville et vous propose de poursuivre le voyage commencé, avec vous, en mai dernier, afin de découvrir d’autres œuvres de ces « dandys » des temps modernes (dans le sens camusien du terme i.e. « créateurs de leur propre unité par des moyens esthétiques »).

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