Street art, qui « Perrault change » ?

 Cendrillon-Audencia-Nantes-Curiouscat-DSC05364-minDerrière la vitre du tramway qui m’emmenait vers le campus, un dessin aperçu rapidement, sur une armoire électrique, avait attiré mon regard. Revenue sur les lieux, j’eus la même réaction que le professeur Brown de « Retour vers le futur » : « Nom de Zeus »…Cendrillon !

Posture de la danseuse, cinétique humaine versus énergie électrique, …au-delà de la symbolique contrastée (au sens propre, comme au figuré), j’étais autant émue de numériser cette narration magiquement colorée…que par le blaze enfantin de l’artiste graffeur à l’identité sélective forte et l’ironie situationnelle probable.
Même si la relation avec la littérature perraultienne transparaît souvent dans ses mises en scène (exil, posture d’abandon, juxtaposition d’une dynamique temporelle hip hop empruntée à Tchaïkovsky pour « la Belle au bois dormant », etc), son vrai nom n’est probablement connu que de ses pairs, les seuls à reconnaître aussi son graff qui, comme le tag, permet l’être et le paraître. (1)
Que le choix de ce nom et ses pochoirs semblent explicites, d’accord. Mais est-ce si important ? L’essentiel n’est-il pas dans la manifestation de son esprit humain, poétique parce qu’éphémère et altruiste dans sa diffusion, son œuvre esthétique transformant ainsi la cité en lieu de débat et « musée à ciel ouvert », accessible et gratuit pour tous ?
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« Des histoires à dormir debout » jugeront, peut-être certains hermétiques. Sans « bettelheimisation » excessive, il me semble cependant que, quelle qu’en soit la perception, ce genre de récit poursuit effectivement, de manière moderne, la lecture des choses de la vie des anciens contes, contribuant librement aux repères individuels et collectifs de notre éducation culturelle.
La question éventuelle pourrait-elle être alors : qui « Perrault change », voire « qui perd au change » ? Pour le savoir, laissez-vous en conter… ^^

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