« Garniture de street art » pigmentée pour tranche de vie nantaise

felix le chat La vita è bella !   Le premier anniversaire de ce blog coïncide, joyeusement, avec un nombre d’abonnés qui, quoique modeste, comparé à d’autres sites, représente beaucoup pour moi (200, sans doubles comptes :-)). En guise de préambule, à ce nouveau topic, cette savoureuse citation de l’artiste plasticien R. Rauschenberg :

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« Je ne fais ni de l’Art pour l’Art, ni de l’Art contre l’Art. Je suis pour l’Art mais pour l’art qui n’a rien à voir avec l’Art, car l’art a tout à voir avec la vie. »

Avec ou sans surprise, selon que vous connaissiez Nantes, partageons donc, « pour la vie », quelques tranches de « street art« , délicieusement pigmentées qui, avec ou sans phylactères, m’ont semblé s’imposer en ce jour de « B.D. » 😉

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Route de Vannes-Nantes ©CuriousCat

felix le chat L’art urbain à Nantes : déferlante de couleurs en vogue ou vague « subversive » ?

Dire que les « ondes sont toujours pures » serait probablement exagéré. Malgré tout, comme toutes les ondes lumineuses, les vagues soulevées par cet art amènent, indéniablement, un phénomène métaphorique de « réflexion, diffraction et/ou réfraction » :

Mouvement contemporain, issu du hip hop, le street art semble effectivement cultiver les paradoxes : pollution visuelle pour certains, liberté d’expression pour d’autres, il est si bien intégré aux paysages urbains que l’on ne le repère d’ailleurs pas nécessairement, d’autant moins qu’il est généralement éphémère pour « cueillir le jour sans souci du lendemain » (Horace).

C’est le cas de cette scène, découverte sur le mur de l’hôpital central de notre métropole, immense toile à ciel ouvert reprenant le tableau original de Millet, »les glaneuses », où le graffeur (« writer« ) semble avoir utilisé sa bombe chromée, comme un fusain, afin de mettre en relief ses pensées, de manière nuancée, interpellant les passants tout en leur laissant la libre interprétation du message.

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Mur du CHU-Hôtel Dieu-Nantes ©CuriousCat

Vie = maladie, soins, naissance (la Maison de la mère et de l’enfant jouxtant ce service du CHU)… ? Rien de cela, mais une réalité, durable, que le texte de « #P2BNantes« , situé plus loin, contextualise :

geronimo-street-art-serveimage-min« Lorsque le dernier arbre aura été abattu, le dernier fleuve pollué, le dernier poisson capturé, nous nous rendrons compte que l’argent ne se mange pas » (Chef Seatle-1854).

Et ces appels  :

« Qui réchauffe le monde ? … Trier, composter, cultiver. »

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Street art, qui « Perrault change » ?

 Cendrillon-Audencia-Nantes-Curiouscat-DSC05364-minDerrière la vitre du tramway qui m’emmenait vers le campus, un dessin aperçu rapidement, sur une armoire électrique, avait attiré mon regard. Revenue sur les lieux, j’eus la même réaction que le professeur Brown de « Retour vers le futur » : « Nom de Zeus »…Cendrillon !

Posture de la danseuse, cinétique humaine versus énergie électrique, …au-delà de la symbolique contrastée (au sens propre, comme au figuré), j’étais autant émue de numériser cette narration magiquement colorée…que par le blaze enfantin de l’artiste graffeur à l’identité sélective forte et l’ironie situationnelle probable.
Même si la relation avec la littérature perraultienne transparaît souvent dans ses mises en scène (exil, posture d’abandon, juxtaposition d’une dynamique temporelle hip hop empruntée à Tchaïkovsky pour « la Belle au bois dormant », etc), son vrai nom n’est probablement connu que de ses pairs, les seuls à reconnaître aussi son graff qui, comme le tag, permet l’être et le paraître. (1)
Que le choix de ce nom et ses pochoirs semblent explicites, d’accord. Mais est-ce si important ? L’essentiel n’est-il pas dans la manifestation de son esprit humain, poétique parce qu’éphémère et altruiste dans sa diffusion, son œuvre esthétique transformant ainsi la cité en lieu de débat et « musée à ciel ouvert », accessible et gratuit pour tous ?
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« Des histoires à dormir debout » jugeront, peut-être certains hermétiques. Sans « bettelheimisation » excessive, il me semble cependant que, quelle qu’en soit la perception, ce genre de récit poursuit effectivement, de manière moderne, la lecture des choses de la vie des anciens contes, contribuant librement aux repères individuels et collectifs de notre éducation culturelle.
La question éventuelle pourrait-elle être alors : qui « Perrault change », voire « qui perd au change » ? Pour le savoir, laissez-vous en conter… ^^

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