L’oiseau en habit vert

De manière générale, et notamment en temps de crise, l’attention au Vivant me semble participer de notre indispensable écologie humaine.

Hier, ma rencontre avec ce pic vert, « hôte régulier » de notre site protégé, s’est doublée du plaisir d’un intermède photographique, prétexte, aussi, à cette fantaisie poétique… (1)

En ce temps pluvieux, brumeux, automnal, où des lombrics terrestres cherchaient l’air, en surface,

un noble Picidé, familier de ces lieux, se trouva ravi de cette bonne aubaine.

Le bec long et pointu, fièrement campé sur ses courtes pattes griffues, il guettait,

dans le jardin herbu, sous l’ombrelle végétale d’un albizia, semblable à quelque dais.

Creusant et piquant, dans la terre nourricière, il demeura longtemps dans cet eden fertile

à goûter, sous l’averse, au bonheur du site naturel, situé en cœur de ville.

Dans sa redingote, vert et jaune doré, académique et solennel, il s’envola ensuite, solitaire,

la calotte rouge vif, sur son crâne, rappelant les vertus cardinales de tout « ver ». (2)

©CuriousCat

Photo de Pixabay sur Pexels.com

(1) La qualité des photos, prises au zoom maximum, depuis mon balcon, puis compressées ensuite, n’est pas nécessairement optimale…

(2) Jeu de mots (ver/vers), en référence à l’Académie Française, créée par le Cardinal de Richelieu, en 1635.^^

Miroir aux alouettes

Miroir aux alouettes-Erdre-©CuriousCat-1-DSC01521-min-1
Miroir aux alouettes-Erdre-©CuriousCat

Sur ce sentier de l’Erdre, l’odyssée était solitaire.

Le spleen du temps qui passe impose sa loi d’airain.

Capté par le soleil et son écriture spéculaire,

Il s’accroche à mon être comme un très sombre orin.

Alors que son tourment engage sa préface,

Un héron majestueux passe à portée de main.

Attiré par le miroir d’eau, il plonge vers la surface,

Saisissant le moment, sans crainte du lendemain.

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« Ut pictura poesis » ou le récit zoulou du Voyage A Nantes de Pedro

Depuis ses origines, l’homme a manifesté la force narratrice de son esprit de différentes manières, au travers de dessins en particulier. A l’instar des enfants, ces supports mnémotechniques de la vie incorporelle, perdurent chez de multiples graffeurs et, de manière globale et instinctive, dans l’art brut, œuvrant pour la transmission symbolique et collective d’une temporalité poétique singulière…

Street-art-VAN-Jardin des Plantes-Orangerie-Pedro-Nantes ©CuriousCat-DSC09485

#VAN2017-Expo Zoulou Ut Pictura Poesis–Jardin des Plantes-Pedro-Nantes ©CuriousCat

Cette quête d’un langage véhiculaire, déjà évoquée pour le peintre Alain Thomas, semble animer aussi l’illustrateur/graffeur Pedro Ricardo qui, tel un chaman dépositaire d’une forme de « secret culturel », a choisi le Jardin des Plantes de Nantes pour « donner des ailes à son âme » en combinant formes, matières et couleurs comme des mots.

1Street-art-VAN-Jardin des Plantes-Pedro-Nantes ©CuriousCat-DSC09474-min

A l’invitation des services SEVE et Culture de la ville, ce jeune artiste urbain, du collectif 100 pression, a investi cet espace botanique dans le cadre de l’édition 2017 du Voyage à Nantes (VAN).

Voie verte reliant la gare au centre-ville, ce théâtre de verdure offre ainsi, à quelques mètres du Musée des Arts de Nantes (réouvert en juin dernier, après plusieurs années de travaux), un cadre idéal, aussi naturel qu’original, à l’idée suivante d’une correspondance des arts, partagée par Plutarque, qu’Horace synthétisa lui-même via l’expression « ut pictura poesis » :

«La poésie est une peinture parlante, la peinture une poésie muette» (Simonide de Cléos)

Comme un fil d’Ariane entre mondes réel et imaginaire, Pedro y partage, du 01/07 au 27/08, sa vision de l’écologie humaine où nature et culture peuvent évoluer harmonieusement.

Street-art-VAN-Jardin des Plantes-Pedro-Nantes ©CuriousCatDSC08622

Street-art-VAN-Jardin des Plantes-Pedro-Nantes ©CuriousCat-DSC08620

Dans ce jardin des sens, aucun n’est interdit. Bien au contraire, dans cette agora de plein air, les œuvres de l’artiste semblent même une sorte d’invitation tribale bienveillante au débat si l’on s’en réfère aux totems disposés tout au long du parcours, depuis l’entrée principale jusqu’à la sortie, située face à la gare, où le public (voyageurs occasionnels de la SNCF, en attente de leur correspondance, ou simples promeneurs) découvre les planches pictographiques aux couleurs patriotiques ci-dessus.

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