Le cercle des « poètes chromatiques » disparus…

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L’appréciation des couleurs diffère selon chaque être humain en fonction de sa sensibilité à l’éclairage, l’environnement ou les textures par exemple… Au travers de la photographie, nos émotions arrivent pourtant souvent à se rejoindre, comme reconnectées et unies dans une « recosmisation » universelle harmonieuse.

Esprits libres et oniriques, entrez dans le cercle et suivez-moi dans cette nouvelle « écriture de lumière » !

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#Nuits féériques-Jardin des Plantes-Nantes ©CuriousCat

Tout commence dans la « jungle urbaine »…

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#Street-art-St Nazaire (44)-©CuriousCat
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#Street-art-St Nazaire (44)-©CuriousCat
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#Street art-Expo A-MO Galerie l’Artichaut-Nantes ©CuriousCat

où le drôle de « colibrius » que je suis puise son nectar pigmenté…

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#Peinture-Expo G.PAINEAU-Radison Blu Hotel Nantes ©CuriousCat
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#Peinture-Expo G.PAINEAU-Radison Blu Hotel Nantes ©CuriousCat
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#Peinture Expo G.PAINEAU-Radison Blu Hotel Nantes ©CuriousCat

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L’aventure intérieure du Voyage à Nantes : « entrez dans la transe » avec Pick up Production !

L’art porte intrinsèquement en lui la capacité de restituer une visibilité différente du vivant. Comme le chamanisme, cette relation poétisée, avec l’invisible, permet même souvent d’entrevoir un monde potentiellement meilleur. A l’instar de certaines méthodes thérapeutiques, le street art suggère, en particulier, un autre rapport au monde ou à soi-même. Pour autant, ce pouvoir de faire parler les murs, de « repanser » le monde en stigmatisant les lieux, par une empreinte humaine, lui confère-t-il les vertus d’un réel « art médecine » ? Cet acte créatif urbain est-il d’ailleurs délibéré ou parfois inconscient ?…

Pour tenter de répondre, continuons l’aventure onirique du Voyage à Nantes, amorcée avec Pedro, et revivons, en images, l’expérience immersive de l’association de culture hip hop Pick Up Production, dans un univers carcéral où des drames de la « comédie humaine » ont servi de support narratif à une dizaine d’artistes, tel le miroir à deux faces de « l’ordre des choses »…

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#Street-art-VAN-« Entrez libre » PICK UP PRODUCTION-Ancienne prison-Nantes ©CuriousCat

Symbole paradoxal de l’imperfection de cet ordre, la ville avait installé son ancienne prison à côté de l’ex Palais de justice devenu aujourd’hui le Radison Blu Hotel.

Avant sa démolition fin 2017, puis sa reconversion en 2019 (160 logements, une crèche, un parking souterrain de 400 places et un théâtre à la place du pavillon du greffe), la société Cogedim (propriétaire actuelle) a permis à Pick Up Production d’investir une partie des 12 600 m2 de l’ex Maison d’arrêt pour réaliser un projet artistique et éphémère…  en toute liberté ! 😉

Du 01/07 au 27/08, 94 411 visiteurs en auront franchi les grilles volontairement.

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#Street-art-VAN-« Entrez libre » PICK UP PRODUCTION-Ancienne prison-Nantes

Enfermés 17 jours dans ce cadre historique, abandonné par ses occupants en 2012, ce collectif de peintres, plasticiens, graffeurs et sérigraphes… a donc tenté de comprendre, puis traduire, l’enfermement, la surpopulation, la peur, la folie, les rêves, l’espoir, l’évasion… pour aiguiser les sens et toucher les esprits, via une transe picturale (http://france3-regions.francetvinfo.fr/pays-de-la-loire/loire-atlantique/nantes/culture-voyage-nantes-met-artistes-prison-1290979.html).

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#Street-art-VAN-« Entrez libre » PICK UP PRODUCTION-Ancienne prison-Nantes

Les « maux » amenant les « mots », soyez vous aussi les bienvenus dans l' »enfer sur terre« , pour reprendre le graff de Persu inscrit au fronton du mur d’enceinte de l’ancienne maison d’arrêt de Nantes et… « Entrez libres »  !

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« Ut pictura poesis » ou le récit zoulou du Voyage A Nantes de Pedro

Depuis ses origines, l’homme a manifesté la force narratrice de son esprit de différentes manières, au travers de dessins en particulier. A l’instar des enfants, ces supports mnémotechniques de la vie incorporelle, perdurent chez de multiples graffeurs et, de manière globale et instinctive, dans l’art brut, œuvrant pour la transmission symbolique et collective d’une temporalité poétique singulière…

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#VAN2017-Expo Zoulou Ut Pictura Poesis–Jardin des Plantes-Pedro-Nantes ©CuriousCat

Cette quête d’un langage véhiculaire, déjà évoquée pour le peintre Alain Thomas, semble animer aussi l’illustrateur/graffeur Pedro Ricardo qui, tel un chaman dépositaire d’une forme de « secret culturel », a choisi le Jardin des Plantes de Nantes pour « donner des ailes à son âme » en combinant formes, matières et couleurs comme des mots.

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A l’invitation des services SEVE et Culture de la ville, ce jeune artiste urbain, du collectif 100 pression, a investi cet espace botanique dans le cadre de l’édition 2017 du Voyage à Nantes (VAN).

Voie verte reliant la gare au centre-ville, ce théâtre de verdure offre ainsi, à quelques mètres du Musée des Arts de Nantes (réouvert en juin dernier, après plusieurs années de travaux), un cadre idéal, aussi naturel qu’original, à l’idée suivante d’une correspondance des arts, partagée par Plutarque, qu’Horace synthétisa lui-même via l’expression « ut pictura poesis » :

«La poésie est une peinture parlante, la peinture une poésie muette» (Simonide de Cléos)

Comme un fil d’Ariane entre mondes réel et imaginaire, Pedro y partage, du 01/07 au 27/08, sa vision de l’écologie humaine où nature et culture peuvent évoluer harmonieusement.

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Dans ce jardin des sens, aucun n’est interdit. Bien au contraire, dans cette agora de plein air, les œuvres de l’artiste semblent même une sorte d’invitation tribale bienveillante au débat si l’on s’en réfère aux totems disposés tout au long du parcours, depuis l’entrée principale jusqu’à la sortie, située face à la gare, où le public (voyageurs occasionnels de la SNCF, en attente de leur correspondance, ou simples promeneurs) découvre les planches pictographiques aux couleurs patriotiques ci-dessus.

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Street art à Nantes, un « pitch » coloré pour amoureux de légendes urbaines…

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Comme de nombreuses villes, celle de Nantes condamne le street art autant qu’elle l’encourage, parallèlement dans certains lieux, en tant qu’objet de culture. Paradoxe ? … Chacun jugera si, comme l’écrit Christophe Genin dans le « le street-art : de nouveaux principes ? » :

« Les grandes lignes de ces dialectiques de la répulsion ou de l’attraction des consciences permettent de concilier l’intention pour soi et le statut conféré par autrui. »

De manière évidente pour moi, les graffiti constituent de véritables légendes urbaines » (le latin « legenda » signifiant « qui doit être lue »). Les murs de nos rues racontent ainsi, « urbi et orbi », en silence (quoique de façon criante), des histoires qui partent de légendes pour aboutir à quelques vérités librement interprétables. Sans jeu de mot excessif, l’urbanité de cet art tient donc en la possibilité, pour les grapheurs, de « faire le mur » tout en respectant certains codes, voire même une certaine « étiquette ». 😉

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Street-art Jardin des Plantes-Nantes

Pour le vérifier, je suis néanmoins partie, à la fin de l’été, me promener en ville et vous propose de poursuivre le voyage commencé, avec vous, en mai dernier, afin de découvrir d’autres œuvres de ces « dandys » des temps modernes (dans le sens camusien du terme i.e. « créateurs de leur propre unité par des moyens esthétiques »).

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Street art, qui « Perrault change » ?

 Cendrillon-Audencia-Nantes-Curiouscat-DSC05364-minDerrière la vitre du tramway qui m’emmenait vers le campus, un dessin aperçu rapidement, sur une armoire électrique, avait attiré mon regard. Revenue sur les lieux, j’eus la même réaction que le professeur Brown de « Retour vers le futur » : « Nom de Zeus »…Cendrillon !

Posture de la danseuse, cinétique humaine, versus énergie électrique… Au-delà de la symbolique contrastée (au sens propre, comme au figuré), j’étais autant émue de numériser cette narration, magiquement colorée, que par le blaze enfantin de l’artiste graffeur à l’identité sélective forte et l’ironie situationnelle probable.

Même si la relation avec la littérature perraultienne transparaît souvent dans ses mises en scène (exil, posture d’abandon, juxtaposition d’une dynamique temporelle hip hop empruntée à Tchaïkovsky pour « la Belle au bois dormant », etc), son vrai nom n’est probablement connu que de ses pairs, les seuls à reconnaître aussi son graff qui, comme le tag, permet l’être et le paraître. (1)

Que le choix de ce nom et ses pochoirs semblent explicites, d’accord. Mais est-ce si important ? L’essentiel n’est-il pas dans la manifestation de son esprit humain, poétique parce qu’éphémère et altruiste dans sa diffusion, son œuvre esthétique transformant ainsi la cité en lieu de débat et « musée à ciel ouvert », accessible et gratuit pour tous ?

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« Des histoires à dormir debout » jugeront, peut-être certains hermétiques. Sans « bettelheimisation » excessive, il me semble cependant que, quelle qu’en soit la perception, ce genre de récit poursuit effectivement, de manière moderne, la lecture des choses de la vie des anciens contes, contribuant librement aux repères individuels et collectifs de notre éducation culturelle.

La question éventuelle pourrait-elle être alors : qui « Perrault change », voire « qui perd au change » ? Pour le savoir, laissez-vous en conter… ^^