A Nantes, expo urbaine sauvage, « Pour l’amour de l’art »

Physalis-Expo-Pour l’amour de l’art-Fév.21©CuriousCat

« Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu. Après un moment, le tatou, agacé par cette agitation dérisoire, lui dit : « Colibri ! Tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ! «  Et le colibri lui répondit : « Je le sais, mais je fais ma part. »

Légende amérindienne

Privés de projets, et de visibilité, depuis le début de la crise sanitaire Covid, plus de 50 artistes, se sont mobilisés pour faire du centre-ville, et de l’île de Nantes, une galerie à ciel ouvert.

Studio Katra – Pour l’amour de l’art©CuriousCat

Pied de nez aux institutionnels, et nantais sidérés par le contexte actuel, l’expo « Pour l’amour de l’art » a été ouverte le 15 février 2021, jour de la St Valentin (fête commerciale « essentielle », selon le gouvernement).

Durant ce « road-trip » urbain, près de 200 œuvres ont été librement affichées, collées sur des murs, mobiliers urbains et supports divers.

Sur les rivages du cœur, découvrons cet éphémère et « colibriesque printemps des arts »

Pourquoi cette expo sauvage ?

Dans le choix de son nom, comme celui de la date d’ouverture de l’évènement, ce collectif tenait, ironiquement, à partager sa précarité et sa détresse (revenus et aides aléatoires, liés à la vente de leurs œuvres…).

Comme leur oiseau-mouche emblématique, ces « colibris » doivent, littéralement, pouvoir « se nourrir de leur art », ainsi que l’évoquent, symboliquement, les « Petits LU » de Physalis (artiste découverte lors de l’expo « Golden Age »).

Plus sensiblement, l‘expo visait aussi à rappeler la force vitale de leur travail, pour eux-mêmes, et en tant que bien commun créatif.

Cette force créatrice semble l’essence artistique même, i.e., de manière ambivalente : besoin inconditionnel d’exister par soi-même, mais avec une reconnaissance populaire et hors des « contrôles » institutionnels (transposée sur le plan physique, cette pirouette comportementale est d’ailleurs analogue à celles de leur animal-totem …^^).

Sans comparaison avec l’histoire d’amour du film américain éponyme, de 1996, « Pour l’amour de l’art » s’appréhende comme une narration romantique, au sens culturel du XVIIIème.

L’expo traduit ainsi, de manière passionnée, le cri du cœur des artistes, révoltés par la perte de leur statut de « moteurs culturels », et le sentiment d’être, selon leurs termes, « mis au placard ».

« L’art , et rien que l’art, nous avons l’art pour ne point mourir de la vérité » (F. Nietzche)

A l’instar de la métaphore des poupées russes, ci-dessous, « faire sa part » consistait certainement aussi à :

  • transcender, picturalement, l’espace urbain (formes insolites, joyeuses couleurs…),
  • faire œuvre d’art, dans des lieux accessibles à tous,
  • favoriser la réflexivité (comprendre, formuler et interpréter le monde et les rapports humains),
  • nourrir l’intériorité humaine, pour ouvrir des chemins de pensée, par une spiritualité esthétique et onirique,
  • trouver un langage commun et créer une médiation citoyenne active, en attendant la réouverture des lieux culturels.
Lire la suite

Peintures de lumière végétales

« Trait d’union entre le soleil et la biosphère (1), la lumière est le cordon ombilical de la Terre » (La Terre d’abord).

Magniolias-Parc de Procé-Nantes©CuriousCat

Des espaces verts, des couleurs, une atmosphère… et quelques photos pour y déposer cette nouvelle écriture de lumière « grandeur Nature ».

Camélia-Jardin des Plantes-Nantes©CuriousCat

CuriousCat

Toutes les photos sont ©CuriousCat. Pas de reproduction sans mon accord.

Chers visiteurs : n’oubliez-pas de cliquer sur les liens hypertextes pour en savoir plus.

Pour que votre visite ne demeure pas tristement fantôme, dans les Google Analytics, et que le blogging demeure un véritable plaisir de l’échange, merci de manifester votre intérêt (like, étoile, commentaires également).

(1) Pour en savoir plus sur la thématique :

https://planet-vie.ens.fr/thematiques/manipulations-en-svt/la-photosynthese-generalites

https://planet-vie.ens.fr/thematiques/manipulations-en-svt/la-morphogenese-vegetale-action-dirigee-des-facteurs-de-l

Du Nadir au Zéphir, Héméra l’éternelle…

Pour ce 5ème anniversaire de blog, un hommage poétique à la lumière, déesse de nos jours, et quelques-unes des photos qu’elle m’a inspirées…

Du Nadir au Zéphir, Héméra l’éternelle…

©CuriousCat

‌Fille d’Erèbe, et de Nyx, tu lèves chaque jour leur voile d’obscurité,
De la couche d’Ether, conservant la brillance et l’ouranienne beauté.

Les paillettes dorées qui scintillent, joliment, dans tes grands yeux de velours,
Sont un signe lumineux de votre union céleste et d’un suprême amour.

Le cœur et les sens enflammés, par vos baisers de feu, ta lumière irradie,
Installant ton aurore, éclatante, rose orangée, par le ciel applaudie.

Sous ta caresse poudrée, et ce flot de clarté, Dame Nature, s’éveille,
Sa gracile vénusté, joliment sublimée par cette teinte vermeille.

De la pointe de ses pieds, jusqu’à son doux visage, elle renvoie ta lueur,
Tes perles de lumière, semblables à un collier, enchaîné à son cœur.

De saison en saison, Ô puissante Héméra, tes rayons étincelants,
Forment, sur ses drapés, d’iconiques entrelacs brunniens, or et argent.

©CuriousCat

Sous ton effet magique, le reflet vert des arbres, sur l’onde azuréenne,
Evoque l’art subtil d’une toile huilée ou d’une soie arachnéenne.

Ces peintures de lumière, et leur chromatique voyage impressionniste,
Exaltent les photographes, peintres et poètes, sensibles et artistes.

©CuriousCat

Comme un pinceau virtuel, ton prisme dépose ses illusions spectrales,
Mélange dosé de cyan, jaune, magenta, tel un vitrail de cathédrale.

Entre ombre et lumière, mon âme caméléon succombe au puissant mystère,
De ces nomades irisés, qui se déplacent dans l’air, la mer ou sur terre.

Lorsque le jour finit sa course, du Nadir au Zéphir, ton globe d’airain
Diffuse son rouge feu, sous des nuées flavescentes, vers l’horizon sans fin.

Doucement, la pourpre se mélange à l’ambre et l’orange saumoné.
Dans le crépuscule, tu rejoins alors, pour la nuit, tes chers dieux éthérés.

©CuriousCat

.
©CuriousCat

©CuriousCat

Chers visiteurs : n’oubliez-pas de cliquer sur les liens hypertextes pour en savoir plus.

Pour que votre visite ne demeure pas tristement fantôme, dans les Google Analytics, et que le blogging demeure un véritable plaisir de l’échange, merci de manifester votre intérêt (like, étoile, commentaires également).

Expo éphémère « Golden Age » : lumière de conscience artistique…

Maia DEMETS-Golden Age-Orvault (44)©CuriousCat

Ouverte à tous et gratuite, l’exposition « Golden Age« , programmée du 16 octobre au 29 novembre 2020, a fermé ses portes, conformément aux mesures gouvernementales anti Covid-19.

Dans le cadre de ce projet, piloté par la société d’intérêt collectif Hacoopa, 24 artistes, réunis par Lady Bug et Arty Show, ont transformé une maison d’Orvault (métropole de Nantes), destinée à devenir une résidence partagée pour seniors, en lieu de street art éphémère et pop-up galerie.

Un mois avant son ouverture au public, ils y ont vécu, à demeure, s’y exprimant librement, du sol au plafond, sur 400 m2, partageant leurs parcours et visions respectives de l’âge d’or (du nom de la future résidence), dans un joyeux « déconfinement artistique« . (1)

Retrouvons notre enfant intérieur pour comprendre le rêve éveillé de ce « cercle de poètes chromatiques disparus » et en percevoir la symphonie holistique

« Où est l’enfance est l’âge d’or » (Novalis)

Maia-DEMETS-Golden Age©CuriousCat

Pourquoi ce titre, « Golden Age » ?

L’âge d’or renvoie au temps passé, « prospère et mythique » de la création de l’homme et de la vie quasi éternelle. (2)

Sébastien BOUCHARD-Golden Age©CuriousCat

A l’instar de la chanson éponyme de Woodkid, Golden Age ressemble à un voyage mythique vers le bonheur éternel, une évasion de l' »ordinaire citadin« , une transcendance de la réalité, pour une reconnexion à soi et au monde.

Crespin©CuriousCat

Au carrefour de l’histoire de vie humaine, dans ses rapports au Vivant (animal et végétal), l’expo évoque les liens forts entre l’enfance et l’âge adulte, le refus de la souffrance, la jeunesse intemporelle

Allégoriques ou poétiques, les œuvres abordent aussi bien les valeurs d’abondance, de paix, de justice et de liberté, que les notions d’harmonie, entre les hommes et leur environnement, de douceur, de joie, de bienveillance et d’amour

Face à cette spiritualité esthétique, le panel d’émotions est aussi fort que la gamme chromatique picturale.

Qui sont les artistes et quels sont leurs messages ?

  • 2 artistes « guests surprise« 

Dans un esprit de communion partagée, chacun(e) a pris le temps d’expliquer les fresques issues de cette expérience, rare, de flow créatif in situ :

Au rez-de-chaussée

Lire la suite

Expo « Meute », à Nantes : la griffe chromatique d’un art sauvage

ROROlafrite-Expo Meute-La Griffe-Ateliers Magellan-Nantes©CuriousCat

Face à la pandémie Covid, les communautés artistiques semblent, plus que jamais, trouver dans le concept culturel du vivre ensemble, même éphémère, une force résiliente.

Pour fêter ses 5 ans, l’association rezéenne « La Griffe » a ainsi récemment invité 17 artistes à investir les ateliers Magellan de Nantes afin de créer une œuvre commune, »hors normes », sur le thème de la « Meute« .

Durant une dizaine de jours (29/09 au 10/10/20), le collectif a transformé cet ancien atelier de métallerie des bords de Loire en « écrin de couleurs, d’ambiances et de convivialité » (1), métamorphosant notre regard et exacerbant notre conscience, via son ajna démesuré.

Traversons à présent le « miroir du temps » pour revenir au 07/10 (date de ma visite) et laisser la magie, de cet extraordinaire imaginarium coloré, nous transporter ailleurs…

Chachitta (S.Jardy)-Expo Meute-La Griffe-Ateliers Magellan-Nantes©CuriousCat

A l’instar des loups, la symbolique identitaire du groupe est perceptible dès l’entrée de cette « tannière » urbaine : importance de disposer, même provisoirement, d’un « territoire » où se retrouver, « faire avec », autour de besoins et valeurs communs, reprendre des forces, en sécurité…

Crocs menaçants, tel « Akela » (l’imposant mâle alpha du « Livre de la jungle »), la « bête » rouge, jaune et bleue, fantasmagorique, du peintre-dessinateur Bartex (2), incarne, dans la matière, la « griffe débridée créative » de sa « horde », semblant veiller sauvagement sur son clan disparate : têtes félines, canidés et personnages variés en acier, entremêlés de peluches « de tous poils »…

D.BARTEX-Expo Meute-La Griffe-Ateliers Magellan-Nantes©CuriousCat
D.Bartex-Expo Meute-La Griffe-Ateliers Magellan-Nantes©CuriousCat

Fil rouge de l’exposition, l’imaginaire immerge le visiteur dans un espace surréaliste, digne d’univers cinématographiques aussi excentriques que poétiques (T. Burton, J.P. Jeunet…).

Sans accroc, l’équipe de la Griffe a su créer, in situ, avec le Bureau d’Etudes Spatiales, les conditions pour permettre aux artistes (Katja Tigre de Feu, Roro la Frite, Juya Louisa, Gilles Bouly, David Bartex, KazyUsclef, Solenne Capmas, Mimi Bang, Willy Ténia, Freaky Nasa, Mathi MathosDogzilla, LL Cool Jo, Bambi, Oriane Poncet, Chachit) de conjuguer, au pluriel, leurs singularités.

Bricoleurs(euses), peintres, sérigraphes, plasticiens, sculpteurs(trices), collectionneurs(euses), costumiers(ères) et scénographes se sont ainsi transformés en « peintres du silence », « poètes du cri d’alerte », « pitres des maux »… tout en conservant leurs motivations respectives.

En maints endroits du hangar, les composantes oniriques et humoristiques, de cette confrontation « cœur à cœur », ouvrent de multiples pop-ups subliminales étoilées dans l’âme du visiteur.

Lire la suite

Trois-mâts « Shtandart » : l’étendard coloré des rêves…

Moins long que le Belem (58 m), ou l’Hermione (65 m), le « Shtandart« , réplique de l’ancien vaisseau amiral russe du XVIIIème (34,5 m), conserve pourtant une magnificence royale destinée, originellement, à impressionner les flottes ennemies.

En escale à Nantes, après Rotterdam et St Malo, l’équipage de ce navire-école l’ouvre à la visite, jusqu’au 2 octobre 2020, pour partager, de manière enthousiaste et pédagogique, des passions communes (voiliers, histoire… ) et une philosophie, devenue leur devise : « life is what you make » (1).

« Tenez bon la rampe et, hisse et ho », embarquez à présent, en audio et visio, pour un voyage virtuel dans l’Histoire, la porte ouverte sur des horizons infinis...

roue-de-bateau-23921396-min Des symboles de puissance colorés

L’actuel Shtandart, réplique de l’ancienne frégate du XVIIIème, tire son nom de l' »étendard » du tsar Pierre le Grand.

Shantdart-Nantes©CuriousCat

Un rapide examen vexillologique permet d’ailleurs d’y retrouver les symboles colorés de l’Empire de Russie :

  • sur un fond jaune doré, aigle noir bicéphale, portant 3 couronnes (2 royales, 1 impériale) et, sur sa poitrine, Saint George terrassant le dragon.
  • les couleurs bleu, blanc, rouge des drapeaux de la Fédération de Russie et du Pavillon de beaupré.
Shantdart-Nantes©CuriousCat
  • En bas et haut, 4 cartes maritimes : celle de la mer Blanche (près de la tête droite), la mer Caspienne (à gauche), la mer d’Azov (près du pied droit), ainsi que le golfe de Finlande, avec la moitié du golfe de Bosnie et une partie de la mer Baltique (près du pied gauche).

Les « couleurs » sont si importantes qu’elles sont « envoyées », chaque matin, à 8 heures, accompagnées par 8 coups de cloche.

Shantdart-Nantes©CuriousCat

Outre les saints protecteurs et la représentation des premières victoires maritimes de la Russie (sur l’écusson de Saint-Pétersbourg, gaillard d’arrière), la puissance du navire s’exprime, symboliquement, au travers de la figure de lion de l’étrave.

Shantdart-Nantes©CuriousCat
Shantdart-Nantes©CuriousCat

roue-de-bateau-23921396-minUn concept patriotique et pédagoqique, dès l’origine

Ancien champion de windsurf russe de Saint-Pétersbourg, capitaine de ce navire, et nostalgique des grands voiliers, Vladimir Martus est à l’origine du projet de reconstruction, à l’identique, du trois-mâts d’origine, demeuré dans les mémoires en tant que navire national de valeur, depuis sa destruction, en 1727.

« Les bateaux anciens, on ne peut pas les ramener du passé, mais on peut en construire des répliques pour offrir aux gens ce qu’était la voile, à l’ancienne. » (V.Martus-Maritima Info 2018 )

Retour en 1994. 3, 56 minutes pour revivre ce chantier, éducatif et patriotique, qui pris fin en 1999 :

roue-de-bateau-23921396-min Caractéristiques techniques du bateau, en synthèse

  • longueur de la coque : 34,50 m
  • Hauteur du grand mât : 33 m
  • Tirant d’eau : 3,30 m
  • Equipage : 7 (navigation moteur) ou 12 (navigation à la voile)
  • 14 voiles
  • 7 canons (28 autrefois)
  • Navigation : transport de 40 personnes, dont 10 d’équipage.
Lire la suite

L’oiseau en habit vert

De manière générale, et notamment en temps de crise, l’attention au Vivant me semble participer de notre indispensable écologie humaine.

Hier, ma rencontre, avec ce pic vert,  » hôte régulier  » de notre site protégé, s’est doublée du plaisir d’un intermède photographique, prétexte, aussi, à cette fantaisie poétique. (1)

En ce temps pluvieux, brumeux, automnal, où des lombrics terrestres cherchaient l’air, en surface,

un noble Picidé, familier de ces lieux, se trouva ravi de cette bonne aubaine.

Lire la suite

« Nature native from Seattle to Nantes »… couleurs totémiques de l’espoir

M. Mc CARTY (Makah tribe)- Water spirit woman red cedar-Expo Nature native from Seattle to Nantes-JDP2020©CuriousCat

« La résilience, c’est l’art de naviguer dans les torrents » (B.CYRULNIK)

En amont des Journées du Patrimoine 2020, le jardin du Muséum d’Histoire Naturelle de Nantes accueille, jusqu’au 27 septembre 2020, l’exposition photos « Nature native from Seattle to Nantes« , organisée par ces 2 villes, jumelles depuis 1980.

Expo « Nature native from Seattle to Nantes »©CuriousCat

Accrochées aux grilles du jardin, comme autant d' »attrape-rêves », les 18 créations graphiques, de 4 artistes des communautés autochtones de Seattle et du Pacific Northwest, témoignent d’un art résilient, hautement symbolique.

Guidés par ces poissons, « plongeons dans leur flow » singulier

P. BOOME(Upper Skagit tribe)-Royalty©CuriousCat

Seattle est la seule grande ville des Etats-Unis d’Amérique qui tire son nom d’un chef autochtone (Si’ahl, chef du peuple Suquamish et Duwamish). Quoique minoritaires (moins d’1 % de la population actuelle), les « natifs » conservent une culture extrêmement dynamique.

Liés par leur attachement à la terre, autant que leurs racines communes (« peuples premiers », à l’histoire souvent douloureuse), les artistes de l’expo. appartiennent, pour leur part, à 3 tribus Nord-Amérindiennes différentes :

  • Dainas (Michael Nicoll YAHGULANAAS),
  • Makahs (Alex et Micah Mc CARTY),
  • Skagits (Peter BOOME).

Dans le contexte de la crise sanitaire, leurs messages d’amitié, d’altruisme et d’espoir, destinés aux nantais, puisent poétiquement aux sources de leurs traditions ancestrales et de leurs liens spirituels harmonieux, cosmiques même, avec leur environnement naturel.

Dans cet interview, d’août 2020, accordée au comité de jumelage Nantes-Seattle, leur présentation confirme la congruence de leur démarche personnelle et professionnelle (artistique, pédagogique, patrimoniale, environnementale….).

Source : https://www.youtube.com/watch?v=oB4-YjG-FSM&feature=youtu.be (1:09)

Lire la suite

Le blob, « péril jaune » polymorphe ou génie tutélaire ?

En revenant sur l’édition 2019 de la « nuit européenne des chercheurs« , un récent voyage sur « la toile » m’a permis de découvrir le  » blob  » (*), auquel Audrey Dussutour, éthologue du CNRS de Toulouse, consacre une grande partie de ses travaux  de recherche.

Une expérience de sérendipité, digne du conte de Louis de Mailly, que vous avez peut-être déjà vécue, dans la nature, en croisant ce mystérieux « physarum polycephalum« , sans probablement imaginer ses pouvoirs surnaturels.

« Aux frontières du réel », suivons cette  » blob-trotteuse  » passionnée pour découvrir ce rampant, au thésaurus imprécis qui, au-delà de son aspect et de son odeur de moisi, est incroyablement attirant…

Blob-640_fg4_0980_c_f-g_grandin_mnhn-app.goo.gl-w5L4qnEYD42zp62L6-min
Blob © MNHN F-G G. Randin

Une apparence aussi énigmatique que son nom

Caché sous les écorces, ou dans certains coins sombres, à l’abri de la lumière, ce myxomycète (du grec « myxo », gélatineux, et de la racine « myc », champignon), vit principalement dans les sous-bois. On en trouve sur différents territoires de notre planète.

Il peut se présenter sous différentes formes (rond, arborescent, informe…) et couleurs (blanc, rose, noir, vert…), même si le jaune est plus fréquent

A l’instar de la créature gluante éponyme, d’un célèbre film américain, des années 50, la couleur jaunâtre, symbolique et ambivalente de cet « alien » doit-elle nous faire « bloblo…ter » ? (**)

En réalité, le blob est inoffensif. Apparu sur Terre, il y a près d’un milliard d’années, il est même indispensable à notre écosystème (biodiversité via la génération de micronutriments nécessaires aux plantes, recyclage des métaux lourds…).

 » Dans l’évolution, c’est un chaînon manquant entre les organismes unicellulaires et nous.  » (Audrey Dussutour – Journal du Dimanche, 31/05/17) (1)

Un amibozoaire qui défie les lois de la biologie

Découvert en 1973, dans le jardin d’une américaine, ce microorganisme eucaryote suscite l’intérêt des médias depuis lors. Jusqu’aux recherches du CNRS, cette créature semblait néanmoins inclassable.

Ni champignon, ni plante, ni  animal, le blob est en fait un organisme unicellulaire dont le corps (plasmodium) peut potentiellement atteindre 10 m2 (contre 0.01 pour une cellule humaine).

Ce n’est toutefois pas la moindre de ses étonnantes capacités. En effet :

  • il se repère parfaitement dans l’espace, bien qu’il n’ait pas d’yeux,
  • sans nez, il respire pourtant,
  • dépourvu de bouche et d’estomac, il digère néanmoins sa nourriture (bactéries, champignons, dans la nature ; avoine, en laboratoire) ; manger est essentiel à sa santé, aussi passe-t-il sa vie à ramper derrière la nourriture. (1)
  • sa croissance est exponentielle : il double de taille chaque jour,
  • dénué de pattes, il se déplace en utilisant son système veineux (dans lequel circule son « sang »), à raison de 2 à 4 cm/heure. Ses pseudopodes (déformations de sa membrane plasmique) lui permettent même de se déplacer simultanément dans plusieurs directions (un pas en avant, un demi-pas en arrière).

  • avec 720 genres sexuels, il se reproduit facilement, par spores (comme le champignon),
  • il ne craint ni l’eau, ni le feu mais fuit la lumière,
  • coupé en deux, il cicatrise en 2 minutes. En cas de dispersion, les morceaux peuvent même devenir des clônes indépendants,
  • après des années sans manger et se réveiller, cet « ovni » (***) peut se régénérer si on le réhydrate et le nourrit. Quasiment immortel !..

Ses propriétés antifongiques et antibactéricides ouvrent de multiples et positives perspectives médicales et technologiques (dépollution des sols, nouveaux antibiotiques, traitement efficace du cancer, optimisation de réseaux…).

Un génie de l’adaptation

Sous son allure d’œufs brouillés, et bien qu’il n’ait pas de cerveau, cet organisme primitif, cache également une singulière intelligence.

Blob©Audrey Dussutour-CRCA-CNRS-Photothèque-minDans une étude, publiée dans Proceedings of the Royal Society B, Romain Boisseau (chercheur en biologie de l’Université Toulouse III Paul-Sabatier),  David Vogel et Audrey Dussutour (équipe du centre de recherche sur la cognition animale du CNRS), ont démontré que physarum polycephalum sait tirer des leçons de ses expériences afin de se nourrir sans risque.

Confrontés à des substances amères (café, quinine ou sel), différents groupes de protistes, d’abord méfiants, ont réalisé leur innocuité et fini par les traverser pour accéder à leur source de nourriture.

Après quelques jours, sans stimulus, l’habituation n’opère néanmoins plus.

Autre découverte (3-4) :  le blob est capable de mémoriser et communiquer ses  apprentissages, à un congénère, en fusionnant avec lui (explications de ce processus transmissif ci-dessous) :

Fusion de blobs©David Vogel -Futura planète-min
Deux Physarum « expérimentés », ou « habitués » (H), ont fusionné avec un blob « naïf » (N). À droite, l’observation, au moins trois heures plus tard, montre la formation d’un canal entre les deux organismes. © David Vogel

Lire la suite

2020 aux couleurs de l’Elephant Parade, à Nantes

Psycho Elephant (F.GUIMARAES)-Elephant parade-Nefs de Nantes©CuriousCat-min
Psycho Elephant (F.GUIMARAES)-Elephant parade-Nefs de Nantes©CuriousCat

Gros plan oeil de l'éléphant2-Machines de l'île-Delarozière ©CuriousCat-min-1L’art peut agir sur l’inconscient individuel et collectif en mettant  » l’homme devant ses responsabilités : rétablir, dans l’urgence, les liens d’équilibre entre lui-même et son milieu vital « . (P. Ardenne – Un art écologique – Ed. La Muette/Le Bord de l’eau).

L' »effet Dumbo » de l’Elephant parade (1) qui s’est déroulée, à Nantes, du 21 décembre 2019 au 5 janvier 2020, dans le cadre de la 13ème édition du Noël aux Nefs des Machines de l’île, devrait ainsi agiter longtemps nos mémoires…

D'orophant (T.MAC KAY)-Elephant parade-Nefs de Nantes©CuriousCat-min
D’orophant (T.MAC KAY)-Elephant parade-Nefs de Nantes©CuriousCat

Mais, avant tout…

Elephant Parade®, kézako ? (1)

  • Statut ? : entreprise sociale hollandaise
  • Depuis quand ? : Fondée en 2006, par Marc Spits et son fils Mike.
  • Pourquoi ? : Lors d’un voyage en Thaïlande, Marc avait rencontré Mosha, un bébé éléphant, amputé d’une partie de sa jambe après avoir marché sur une mine.

  • Pour quoi ? : Créer une structure rentable, à long terme, afin d’assurer un avenir durable pour Mosha et d’autres victimes éventuelles.
  • Quelles actions, depuis 2007 ? :

*Financement de programmes de protection et de préservation des éléphants, via :

 1. la création artistique de 1 500 statues uniques, de 150 cm, en fibre de verre ; 1 900 artistes contributeurs, à propos desquels Marc Spits disait, en 2013 :

Gros plan oeil de l'éléphant2-Machines de l'île-Delarozière ©CuriousCat-min-1No matter the artist, celebrity or painter, this dynamic group of people are gathering, on a global level, to be a part of an incredibly important cause to paint a brighter future for a species now threatened with extinction.”

2. l’organisation d’expositions internationales annuelles (30 parades, à ce jour).

Elefancy (E.SEVERIN)4-Elephant parade-Nefs de Nantes©CuriousCat-min
Elefancy (E.SEVERIN)-Elephant parade-Nefs de Nantes©CuriousCat

3. le reversement de 20 % des profits nets issus (vente de statues et/ou de modèles réduits en résine de 10, 15 ou 20 cm), avec un don minimum de 50 000 euros par an.

Twisted almond blossom-(Springer by Phantasma)3-Elephant parade-Nefs de Nantes©CuriousCat-min
Twisted almond blossom-(Springer by Phantasma)-Elephant parade-Nefs de Nantes©CuriousCat

*Sur la base de cadeaux personnalisés, destinés à démarquer positivement les entreprises partenaires de leurs concurrents, programmes de Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE) spécifiques et communication originale ad hoc.

Parmi les nombreux partenaires, qui exposent des éléphants dans leur hall d’entrée, citons : The Peninsula, Shangri-La, David’s Kitchen, Chang Beer, BMW, Mercedes ou River City, etc.

1:30 mns pour résumer cet « éco-art » :

D’autres vidéos sur : https://www.youtube.com/user/ElephantParadeTV/videos.

Lire la suite